Violences sexuelles sur mineurs à l’école Bénezet : les défaillances de la mairie de Toulouse

Alors qu'au moins une dizaine d'enfants ont subi entre 2024 et 2026 les agressions sexuelles d'un animateur de cette maternelle du quartier Croix de Pierre, Mediacités révèle les lacunes de la mairie dans la gestion d'un premier signalement datant de décembre 2025.

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Un animateur employé par la mairie de Toulouse a été suspendu en mars. Un premier signalement, trois mois auparavant n'avait pas été traité correctement par la mairie. Photo Firoz Sidiqy

L’affaire des violences commises à l’école Bénezet continue d’horrifier les parents de l’école. Révélée en catimini dans la dernière ligne droite de la campagne municipale, elle embarrasse aussi au plus haut point la mairie.

Alors que Manuel, l’animateur de 47 ans soupçonné d’agressions sexuelles et de viol sur mineurs, et présumé innocent à ce stade, est en détention provisoire depuis trois mois, déjà onze plaintes étaient déposées à la date du 25 juin, selon le parquet de Toulouse. « On a l’impression que tous nos enfants ont a minima été témoins de choses anormales », estime Fabien Mourier, représentant FCPE des parents d’élèves de l’école Bénézet.

La municipalité a d’abord tout fait pour montrer qu’elle contrôlait la situation. Le 16 mars, un courriel de la direction de l’éducation adressé aux parents, au lendemain du premier tour des élections municipales, les informe de « suspicions d’attouchements sur mineur » survenus au sein de l’établissement.

Il indique que « l’ensemble des faits » ont été « portés la semaine dernière à la connaissance de l’administration centrale et des élus, qui ont immédiatement décidé de la suspension de l’agent mis en cause, avec pour priorité absolue la sécurité des enfants ». La mairie indique par ailleurs qu’un signalement auprès du procureur de la République a été réalisé, et qu’une enquête administrative est en cours.

Les parents apprennent aussi que « ces faits concernent un animateur pour lequel un signalement, sans dépôt de plainte, avait déjà été effectué. Celui‐ci aurait donné lieu à des mesures de prévention sans suspension ». Mais la mairie se veut rassurante : « dans le cadre du fonctionnement ordinaire du Clae (centre de loisirs associé à l’école NDLR), et conformément aux procédures, les animateurs ne sont pas seuls avec un enfant », indique le courrier, auquel sont jointes deux pages contenant des « éléments de dialogue » pour interroger ses enfants de la bonne manière.

Cellule d’écoute et accompagnement insuffisants
Après l’annonce de ces faits graves, jugée brutale par de nombreux parents, la gestion de crise qui a suivi n’a pas suffi à calmer les inquiétudes. Pire, beaucoup se sont sentis mal accompagnés par la collectivité.

Mère de deux enfants scolarisés à Bénézet, Sophie estime que « ça a mal démarré ». Lorsqu’elle se rend le 16 mars en fin de journée à la sortie de l’école, « il y avait un attroupement devant. Parmi les parents, certains n’avaient pas lu le mail, et l’ont appris de façon encore plus violente. Il y avait l’élue à l’éducation, Madame Lalane, et plusieurs personnes de la mairie, qui nous ont fait un discours de communication pure et dure », se souvient‐elle, remontée.

Certes, la mairie a mis en place une cellule d’écoute pendant quatre jours, de 14 heures à 18 heures. Mais il a fallu réclamer qu’elle soit installée dans l’école et non dans les locaux de la direction de l’éducation, métro Patte d’oie. 

Sidérés, les parents se sentent surtout démunis face à leurs nombreuses interrogations. « La cellule d’écoute a été tenue par des agents de la mairie, pas par des professionnels, et il a fallu qu’on demande qu’elle soit prolongée de quelques jours. On nous a ensuite orientés vers la psychologue scolaire, mais j’ai mis un mois et demi à obtenir un rendez‐vous téléphonique », déplore Aliénor, une mère d’élève.

Sandy Santin, quant à elle, s’y est rendue dès le premier jour avec son conjoint. « J’ai dit que j’avais trouvé l’annonce par mail horrible et que j’aurais préféré être conviée à une réunion urgente. À chaque fois qu’on posait des questions sur les faits, les réponses étaient vagues : on nous parlait d’agression, mais on ne savait pas de quoi il s’agissait exactement ».

Pire encore, lorsque Sandy …

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Publié le

Temps de lecture : 12 minutes

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Par Armelle Parion

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