Que la Deûle est polluée, il n’y a assurément que peu de Lillois qui l’ignorent. Mais alors, qu’elle le soit à ce point… Selon les données publiques des stations de surveillance analysées par les collectifs We Report et Mémoire Vive, le canal qui relie le Pas‐de‐Calais à la Belgique est un cas emblématique de la pression exercée par les micropolluants en France.
À Courrières dans le Pas‐de‐Calais, des dépassements des seuils maximum autorisés ont été enregistrés pour huit substances ces dernières années. Arsenic, plomb, zinc… les métaux et métalloïdes sont présents en quantité importante (voir le détail sur la carte). À Deûlémont, à une vingtaine de kilomètres du parc de la citadelle à Lille, le nombre de contaminants atteint même le nombre de 13, avec, notamment, d’autres métaux tels le cuivre le nickel. Ces pollutions sont évidemment une menace pour les écosystèmes, et par extension pour la santé publique.
Le canal de la Deûle fait d’ailleurs craindre des effets de mélange (lorsque l’effet de deux molécules s’additionne), voire des effets cocktail lorsqu’elles interagissent entre elles et que leur toxicité est amplifiée. « Il y a de gros débats actuellement pour faire entrer cette notion dans la définition des seuils, explique Arnaud Chaumot, directeur de recherche au laboratoire d’écotoxicologie de l’Inrae. Mais c’est très difficile à modéliser. On a parfois des mélanges très diversifiés et on ne peut pas regarder toutes les interactions entre toutes les …