Dans les marais de la Brière, la fin d’un « bordel sans nom » ?

[D’eau et de sable 4/4]. La Grande Brière n’est pas seulement le deuxième plus grand marais de France derrière la Camargue. C’est une vaste copropriété en indivision, unique en son genre, à l’histoire ponctuée de conflits brûlants. Le dernier en date : l’exploitation commerciale du morta, un bois fossilisé.

L'île de Frédun, au centre du parc naturel régional de Brière. Photo : Arnaud Dréan / Saint Nazaire Agglo

« C’était un bordel sans nom quand on a pris le dossier. » Pour sa deuxième visite officielle en Grande Brière, fin juin, Christelle Morançais a usé de mots piquants. Autour de la présidente (Horizons) du conseil régional des Pays de la Loire s’étend une zone humide de 490 kilomètres carrés, qui occupe près de 7 % de la superficie de la Loire‐Atlantique. Coincée au sud par l’estuaire industrialisé de la Loire, à l’ouest par les marais salants de Guérande et au nord par la Vilaine, dans le Morbihan, elle apparaît aujourd’hui comme un paysage d’eau, de roseaux et de chaumières, couvert il y a dix millénaires d’une immense forêt de chênes et de bouleaux.

La montée des eaux et la formation de la tourbe ont entre‐temps fait naître le deuxième plus grand marais de France derrière la Camargue. De ce monde disparu subsistent quelques vestiges enfouis. Au fil des siècles, en creusant le sol pour extraire la tourbe ou entretenir les canaux, les habitants ont découvert des troncs fossilisés, conservés depuis des milliers d’années. Chargé de minéraux, durci par le temps et teinté le plus souvent d’un noir profond, ce bois singulier est appelé morta et pourrait même devenir une indication géographique protégée (IGP).

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Publié le

Temps de lecture : 8 minutes

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Par Julien Gouesmat

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