Guillaume Delbar lors du conseil municipal du 21 octobre, lors duquel les élus d'opposition avaient quitté la séance, en guise de protestation. Photo : Capture d'écran, mairie de Roubaix.

Roubaix : Guillaume Delbar n’entend pas démissionner, les élus d’opposition perturbent le conseil municipal

Le « feuilleton politico-judiciaire roubaisien », comme l’appelle l’opposition municipale de Roubaix, continue. Ce jeudi 16 décembre, les élus avaient rendez-vous pour le dernier conseil municipal de l’année. Comme dans les villes voisines de Hem, Wattrelos et Leers, les débats ont eu lieu à huis clos, en raison de la reprise fulgurante de l’épidémie de Covid-19. Mais le choix d’un débat en visioconférence à Roubaix a sans doute également été dicté par les récents remous judiciaires visant plusieurs élus d’opposition.

Un peu plus tôt dans la semaine, trois élus condamnés en première instance pour escroquerie au fisc - Max-André Pick, Karima Zouggagh et Pierre Pick - ont démissionné de leurs délégations à la mairie de Roubaix - sans toutefois renoncer à leurs rôles de conseillers municipaux. On s’en doutait déjà un peu, car leurs trois noms avaient été cités lors de l’appel, en début de séance, jeudi 16 décembre. Mais la situation n’a été éclaircie que tardivement, en fin de conseil, et sur demande du conseiller d’opposition Dogan Kacmaz : « Ces trois élus quittent-ils leurs fonctions ou leurs mandats d’adjoints ? Si les trois élus restent conseillers municipaux, continueront-ils à percevoir leurs indemnités ? » « Chacun continuera à être conseiller municipal de base. Il n’y a aucune raison de suspendre [leurs indemnités] et aucune possibilité de le faire », a assuré Guillaume Delbar.

Le maire, quant à lui, ne souhaite pas quitter ses fonctions de premier édile, comme il l’a rappelé en début de semaine dans un communiqué sur Facebook. « Je précise […] que le dossier judiciaire de Max-André Pick n’est pas celui de Guillaume Delbar. Max-André Pick a reconnu l’entièreté des faits personnels qui lui sont reprochés devant le tribunal. Dans mon dossier, qui est distinct et différent de nature, je conteste absolument les faits et mon avocat a demandé la relaxe », s’est-il défendu. Et c’est bien cela qui a (re)mis le feu aux poudres.

Une séance très tendue

« Mes chers collègues, nous ne pouvons pas ignorer [...] le contexte lourd qui pèse sur nos débats, qui hélas alimente, voire monopolise l’actualité locale, et qui vient déstabiliser profondément la gestion des affaires communales », a expliqué Mehdi Chalah, conseiller municipal de la liste d’opposition Roubaix en commun, en début de séance. Dans sa ligne de mire, le refus de démissionner de Guillaume Delbar, contraire à « l’honneur », « l’éthique » et « la morale ». « C’est dans ce sens, dès lors que le débat démocratique ne peut être serein, que nous ne voterons pas les délibérations mises à l’ordre du jour de ce soir et que nos écrans resteront bien évidemment noirs », a-t-il annoncé avant d’éteindre sa caméra.

« J’ai bien compris que, pour vous, j’étais condamné depuis longtemps, depuis le premier jour. Mais moi, j’ai une priorité claire : celle de continuer à travailler pour les Roubaisiens. [...] Je n’ai pas vocation à transformer ces conseils municipaux en annexes des tribunaux. Je défendrai mon honneur et je prouverai que je suis innocent », lui a répondu Guillaume Delbar. Après sa condamnation en première instance le 2 décembre dernier, le maire de Roubaix - ainsi que Max-André Pick, Karima Zouggagh et Pierre Pick - a fait appel de la décision du juge. Il est donc réputé innocent jusqu’à son nouveau procès, comme le veut la présomption d'innocence. Si le premier édile a trouvé « dommage » que l’opposition « décide de jouer l’écran noir », le conseil municipal a pu se dérouler (presque) normalement.

Les élus d'opposition ont projeté une image appelant à la démission du maire de Roubaix lors du conseil municipal du 16 décembre 2021. Photo : capture d'écran, ville de Roubaix.

C’était sans compter sur une intervention pour le moins surprenante de la part des élus d’opposition : la soudaine projection à l’écran de l’image d’un homme tenant une pancarte sur laquelle on pouvait lire le mot « démission ». Les délibérations à l’ordre du jour - le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) ou le rapport d’orientation budgétaire 2022 - ont toutefois été examinées sans trop d’accrocs. Malgré leur volonté de ne pas prendre part au vote, les élus de la liste Roubaix en commun ont quand même participé aux débats et discussions. Non sans, au passage, manifester leur mécontentement à plusieurs reprises.

Ce n’est pas la première fois qu’un conseil municipal, à Roubaix, se déroule dans une telle ambiance électrique. Lors de la séance du 21 octobre dernier, les élus d’opposition avaient décidé de quitter la salle en début de séance. Entraînant par la même occasion l’abrègement du conseil municipal, expédié en à peine 20 minutes. Prochain rendez-vous municipal le 3 février prochain…

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