L’orchestre universitaire de Lille qui devait se produire au profit de l’Unicef à la cathédrale de la Treille a décidé d’annuler son concert. En cause : le diocèse souhaitait censurer deux passages de l'œuvre prévue.
C’est une des œuvres les plus jouées dans le monde. La pièce antimilitariste « L’Homme armé – une messe pour la paix », composée par Karl Jenkins a été jouée pour la première fois pour honorer la mémoire des victimes de la guerre du Kosovo. Depuis, elle s’est diffusée au travers de plus de 3000 représentations dans de nombreux pays. Seulement, en France, ces dernières années, elle crée la controverse.
C’est ainsi que l’orchestre universitaire de Lille, qui devait organiser, ce 13 mars, un concert caritatif au profit de l’association Unicef à la cathédrale de la Treille de Lille, l’a finalement annulé. La raison ? Le diocèse de Lille s’est opposé à ce que soient joués deux passages, l’un reprenant l’appel à la prière musulman, et un autre appelant à la croisade.
Pour comprendre pourquoi ces passages figurent dans l’œuvre, il faut rappeler le contexte de sa création. C’est le musée des armureries royales du Royaume‐Uni qui la commande à Karl Jenkins en 1999. A l’époque, le directeur du musée, Guy Wilson, sélectionne huit textes sacrés et profanes qui expriment diverses facettes de la guerre au cours de l’histoire. On trouve ainsi à la fois des psaumes bibliques, un poème écrit par Rudyard Kipling, un poème d’un survivant de la bombe atomique lancée sur Hiroshima mais aussi des textes en sanskrit (ancienne langue du sous‐continent indien).
Better is peace
Ces textes sont intégrés à un ensemble reprenant les codes de la messe catholique, dans lequel figure également l’Adhan islamique, aussi appelé chant du muezzin. L’œuvre se conclut par un message d’espoir issu d’un arrangement entre …