A Saint‐Priest, le Rassemblement national laisse le champ libre aux Républicains

Jusqu’à présent, le Rassemblement national n’a présenté aucune liste officielle pour les municipales à Saint‐Priest. Curieux quand on sait que, dans cette ville de 45 000 habitants, la 5e commune de la Métropole, le RN a terminé en tête lors des dernières élections européennes avec 25,23 % en 2019 et en 3e position (14,47%) lors des dernières législatives, en 2017… Les candidats manqueraient‐ils à l’appel face au maire (LR) Gilles Gascon ?

Certes, Sandrine Ligout, candidate aux législatives, a quitté la région et la politique. Mais Kevin Olivarès, 32 ans, son colistier pour les municipales de 2014, se serait bien vu lui succéder dans le paysage politique local. En janvier 2019, il a sollicité la commission nationale d’investiture du Rassemblement national. Aucune nouvelle jusqu’à l’automne dernier. Il apprend alors par Sandrine Ligout que le nouveau délégué départemental Antoine Mellies (lire son portrait ici) refuse de lui donner l’investiture… Contacté par Mediacités, il balance : « On me dit : “on ne t’investit pas parce que t’es trop frais, face à Gilles Gascon tu ne feras pas le poids”. J’étais étonné, d’autant que je milite depuis 2011, et je suis plus âgé qu’Antoine ! Et j’apprends qu’il n’y a aucune liste investie pour le RN à Saint‐Priest. Ils ont préféré mettre personne plutôt que moi ! ». Furieux, Kevin Olivarès claque la porte du RN.

Un deal Saint‐Priest contre Givors ?

Le 1er janvier, c’est au tour de Daniel Albout, ancien candidat Debout la France aux dernières législatives, d’annoncer une liste patriote à Saint‐Priest, rassemblant des membres de la liste Ligout de 2014, et des amis d’André Pozzi et de Franck Muller, deux militants historiques de l’extrême-droite de la commune. Dans un communiqué de presse, il précise qu’André Pozzi a sollicité l’investiture du Rassemblement National le 13 décembre dernier. Peu de chance qu’il l’obtienne : Pozzi s’est fait virer du parti en 2013. Ce qui n’empêche pas Franck Muller, lui aussi militant Debout la France, d’interpréter à sa sauce le silence embarrassé du RN. Ainsi, dans une vidéo publiée sur YouTube le 4 janvier, il dénonce l’existence d’un « deal » entre Les Républicains de Gilles Gascon et le Rassemblement national dirigé par Antoine Mellies.

Pas de liste RN à Saint‐Priest pour ne pas gêner Gilles Gascon, en échange de quoi aucune liste LR ne viendrait se mettre en travers du triomphe espéré d’Antoine Mellies à Givors ? De fait, dans cette commune, Les Républicains n’ont encore présenté aucune liste pour les municipales. « Si nous n’avons pas de candidat à Givors, c’est malheureusement parce que Michelle Palandre ne peut se présenter pour des raisons personnelles », justifie Alexandre Vincendet, délégué départemental du parti, contacté par Mediacités. Une explication confirmée par les militants givordins. Le patron des LR, maire de Rillieux‐la‐Pape (lire son portrait ici), réfute tout deal avec le RN : « Ce n’est juste pas possible, c’est hors de question, hors de propos. Les portes sont fermées et bien étanches ! ». 

« Clairement oui, vis‐à‐vis des Républicains, je suis en train de désenclaver à fond »

De son côté, Antoine Mellies se montre moins catégorique. « Quelle que soit la sympathie que j’ai pour Gilles Gascon, il n’y a pas de deal avec les Républicains », assure le patron du RN local, qui assume cependant de partir à la pêche aux militants : « J’ai des LR qui me soutiennent », et de citer le commandant Rolland Ségear, historiquement proche de Georges Fenech, l’ancien député de la circonscription de Givors.

« Clairement oui, vis‐à‐vis des Républicains, je suis en train de désenclaver à fond, poursuit Antoine Mellies, mais je n’ai aucun contact avec Vincendet. » Quant à l’absence de liste à Saint‐Priest, « nous n’avons pas trouvé de candidat qui nous représente dignement, voilà tout », élude‐t‐il. Reste que la situation actuelle fait autant l’affaire de Gilles Gascon à Saint‐Priest et d’Antoine Mellies à Givors.

Blandine Flipo

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Point final.

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