Le Rhônexpress fait l'objet d'une concession qui court jusqu'en 2038. / © NB - Mediacités.

Rhônexpress : Gérard Collomb réclame « une médiation »

Faut-il sauver le soldat Vinci, actionnaire de Rhônexpress ? Ce mardi 4 février, lors d’une conférence de presse consacrée aux « mobilités », Gérard Collomb, candidat à la présidence du Grand Lyon, s’est prononcé pour « une médiation » sur l’épineux dossier de la navette ferrée qui relie Part-Dieu à l’aéroport Saint-Exupéry, en réponse à une question de Mediacités. Une façon d’écarter l’hypothèse d’une résiliation du contrat que réclame son adversaire David Kimelfeld, actuel président de la Métropole.

Après six mois de négociations, l’an dernier, entre la collectivité, le Sytral (le syndicat des transports en commun de l’agglomération) et l’opérateur du tramway rouge bordeaux, la concession qui court en théorie jusqu’en 2038 est sur la sellette. À l’automne 2019, la Chambre régionale des comptes l’avait sévèrement étrillée dans un rapport : les magistrats considèrent la relation entre le Sytral et la société Rhônexpress déséquilibrée au détriment des deniers publics.

Dans sa prise de position, Gérard Collomb a tenté de sortir Vinci du problème : « L’actionnaire principal de Rhônexpress, c’est la Caisse des dépôts et consignations [CDC], par ailleurs financeur des collectivités. On doit quand même pouvoir trouver des solutions avec elle ». De fait, la CDC détient 36,6% de la société d’exploitation contre 35,2% pour le géant du BTP, le reste étant contrôlé par Transdev. Ce souci de précision du baron tranche avec sa sortie d'il y a quelques mois quand il conseillait, en public, « d'y aller doucement avec Vinci », alors que le Sytral était en pleine négociations sur la navette. Le maire de Lyon, qui siège au comité du Sytral, a également pris soin de rappeler que le contrat en question était un héritage de l’ancien département du Rhône.

Gérard Collomb a pris exemple sur le litige du musée des Confluences - autre héritage de l’ex-département- qui avait fait l’objet, entre 2014 et 2015, d’une médiation conduite par le premier vice-président du tribunal administratif de Lyon. Cette solution lui permet surtout, en cette période électorale, de tenter de reporter aux calendes grecques l’imbroglio du Rhônexpress.  

Actualisation, 4 février, 17h. Contre-attaque de David Kimelfeld quelques heures après notre publication. Le président du Grand Lyon fustige la proposition de Gérard Collomb : « Il affaiblit la position de la Métropole dans la négociation, ce qui ne va pas seulement à l’encontre des intérêts du Sytral et de la Métropole mais aussi et surtout à l’encontre des usagers et des contribuables ». Il annonce que la question de la résiliation du contrat Rhônexpress sera au menu du prochain conseil syndical du Sytral, le 21 février. La réunion s'annonce mouvementée...  

Nicolas Barriquand

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