Démonstration de l'utilisation du BolaWrap. / Capture d'écran d'une vidéo promotionnelle du fabricant.

Armer la police de « lassos high-tech » : la proposition démago d’Etienne Blanc

Un lanceur électronique de sangles en kevlar pour saucissonner un individu en quelques secondes et à distance. Voilà le dernier joujou high-tech que promet Étienne Blanc (LR) à la police pour « faire de Lyon la ville la plus sûre de France », comme l'indique son programme, s'il est élu à l'hôtel de ville en mars prochain. Inspiré des lassos utilisés par les gauchos argentins pour attraper le bétail dans la pampa, le « BolaWrap » est commercialisé par la société américaine Wrap Technologies et était présenté lors du dernier salon Milipol, le grand raout des industriels de la sécurité en France.

Testé depuis moins d’un an par plusieurs unités aux États-Unis et depuis janvier 2020 par la police de Los Angeles, l’appareil d’interpellation 2.0 est sensé enrichir l’armement non létal des cops américains. L’arme, tout droit sortie de Batman, comme l’écrit la BBC, a aussitôt séduit le chef de file de la droite pour les municipales à Lyon, décidément grand importateur de techniques provenant d’outre-Atlantique.

La proposition fait bondir l’actuel adjoint au maire de Lyon chargé de la sécurité Jean-Yves Sécheresse, tête de liste de l’équipe Collomb-Cucherat (LREM) dans le 7e arrondissement : « Étienne Blanc ferait bien de prendre des vacances pour relire son programme ! Équiper la police municipale avec des lanceurs de lassos ? Non, mais ce n’est pas sérieux ! Les salons de la sécurité sont remplis de ces gadgets-là ou autres drones. Ma conviction c’est que la technologie ne remplacera jamais la formation des policiers ».

Un « doux rêve »

L’accueil n’est pas plus chaleureux au sein de l’antenne lyonnaise du Syndicat national de la police municipale (SNPM). « Il peut toujours proposer, mais ce matériel n’est pas prévu par le gouvernement et en l’occurrence, c’est l’État qui décide des armements et qui légifère pour en introduire de nouveaux », explique Patrick Léger, trésorier du SNPM. « L’outil peut être souhaité par les policiers municipaux, mais le laboratoire traditionnel, c’est la police nationale et la gendarmerie. Ce sont eux qui sont équipés en premier, comme par exemple avec les caméras-piétons. C’est être doux rêveur que de laisser penser que la police municipale de Lyon puisse être équipée de cela ».

Sollicitée par Mediacités pour préciser les contours de sa proposition, l’équipe d’Etienne Blanc explique qu’il s’agit d’un « exemple » censé démontrer que le candidat « cherchera les idées les plus innovantes qui permettraient à la police municipale d’être dotée de manière plus performante ». « L’idée est de dire que ce genre d’arme est exactement ce qu’on cherche, ce n’est pas très agressif et permet d’arrêter quelqu’un qui court ou tente de s’échapper », explique-t-on. Quant à la mise en place effective de la proposition, « il fera naturellement les demandes d’autorisations nécessaires », nuance la responsable de communication du candidat. 

https://www.mediacites.fr/portrait/lyon/2019/02/20/etienne-blanc-le-soldat-inconnu-de-la-droite-a-la-conquete-de-lyon/

Disponible dans treize pays, le « BolaWrap » est vendu aux États-Unis pour 1 300 dollars pièce. En France, la proposition n'est a priori pas prête de rejoindre la liste déjà bien fournie de l’armement non létal de la police, qui comprend les tasers, les bombes lacrymogènes et les très décriés lanceurs de balles de défense. 

Mathilde Régis

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