Pierre Chambon, tête de liste de Gérard Collomb dans la circonscription métropolitaine Lyon Centre, et figure historique du monde de la nuit lyonnaise. Photo : Mathilde Régis

Métropolitaines : Pierre Chambon, l’entrepreneur jet set de Gérard Collomb

Dans la circonscription Lyon Centre, Gérard Collomb s’appuie sur un entrepreneur fidèle de la première heure, spécialisé dans la gestion de boîtes de nuit.

La grisaille au-dessus de la place Bellecour ne dissuade pas Pierre Chambon de porter ses lunettes de soleil. Après des années en coulisses, l’entrepreneur du monde de la nuit passe dans la lumière : à 51 ans, l’homme conduit la liste LREM dans la circonscription métropolitaine Lyon Centre (1er, 2e et 4e arrondissements), dans le sillage de Gérard Collomb, et figure en dixième position sur la liste de Yann Cucherat dans le 2e arrondissement de Lyon pour les municipales.

Sa carrière est finalement très éloignée de son « rêve d’origine » : être paysan. Celui qui revendique ses racines ardéchoises a préféré conquérir des terrains plus festifs qu’agricoles en lançant des boîtes de nuit aux concepts novateurs sur d’anciens sites industriels.

De Florence Foresti à François Turcas

L’affaire qui lui met le pied à l’étrier à Lyon est « Le Jardin », un incontournable de la jeunesse dorée des années 1990, fréquenté notamment par des personnalités comme Florence Foresti, Alexandra Sublet ou le patron historique de la CPME François Turcas. Viendront ensuite l’A KBG, qui plongeait la clientèle dans une ambiance communisme soviétique ou le Studio 1, seul lieu encore ouvert et devenu aujourd’hui Le Petit Salon, qui enchaîne les soirées électro, rap et années 80.

De 2010 à 2015, l’entrepreneur devient président de la branche nuit de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) et défend son secteur au niveau national. « Je me suis battu pour que la nuit devienne un des cinq pôles d’excellence du tourisme en France lorsque Laurent Fabius était aux Affaires étrangères, et ça a été validé », vante-t-il.

« Gros fichier et gros réseau »

Sa « chance », l’entrepreneur la résume en une formule : « Gros fichier et gros réseau ». Les colonnes de Lyon People – dans lesquelles il figure régulièrement – rappellent sa conquête de la rue Royale, dans les pentes de la Croix-Rousse. Non loin du Jardin, Pierre Chambon et son associé de toujours, Thierry Lahon, y ont ouvert cinq établissements avant de les céder aux directeurs ou aux gérants en 1995.

Coqueluches des fêtards, ils organisent des « épopées ardéchoises », sorte de rallyes qui emmènent chaque été 150 Lyonnais « pour un tour en montagne ». « Ce sont de beaux passages de ma vie, mais c’est le passé », évoque l’entrepreneur. Pierre Chambon conserve néanmoins la gérance de quatre sociétés dans un village de 300 âmes en Ardèche : débits de boissons, activités de holding, hôtels ou conseil en affaires. À Lyon, il gère trois sociétés, de la gestion locative pour l'essentiel. Et si Thierry Lahon ne « veut pas s’impliquer » en politique, « l’amitié fraternelle » entre les deux hommes fait de lui « son meilleur conseiller ».

Collombiste de la première heure

Sa rencontre avec Gérard Collomb date de 2001, année de la conquête de Lyon par celui qui était alors socialiste. « Nous avons vu une ouverture pour réveiller cette ville endormie et un peu axé droite rétrograde », se souvient Pierre Chambon. L’alchimie fonctionne : il fera partie à deux reprises des comités de soutien du maire de Lyon.

« Le point fort de Gérard Collomb est d’avoir toujours pensé l’association entre le privé et le public », juge-t-il. Et de citer le deal entre la ville et JC Decaux pour lancer Vélo'v. « La collectivité n’est pas pour faire du business, chacun fait ce qu’il sait faire et les vaches sont bien gardées. Si on regarde Lyon, toutes les innovations sont nées de partenariats public-privé », renchérit-il.

« Aujourd’hui, je ne m’engage pas pour un parti ou une étiquette, mais par envie personnelle et par respect pour un homme qui a changé sa ville en dix-huit ans », développe Pierre Chambon qui ne souhaite pas se situer sur l’échiquier politique. L’investiture de La République en marche est pour lui de l’ordre du « processus administratif ».

« Sur le volet sécurité, quand vous avez géré des établissements de nuit, vous avez une certaine expérience »

Pour être tête de liste, il a déboursé « au moins le minimum », soit 1 500 euros, comme l’indique le tableau des contributions demandées aux têtes de listes LREM du Grand Lyon, révélé par Tribune de Lyon.  « Si vous ne demandez pas un minimum, des gens de partout peuvent s’engager. Ça ne me paraît pas illogique de mettre la main à la poche », répond Pierre Chambon, sans préciser la somme déboursée pour sa campagne, qui peut monter jusqu’à 4 600 euros. 

En cas de victoire, l’entrepreneur s’imagine jouer un rôle dans les domaines de l’attractivité touristique et de la sécurité au Grand Lyon. « Ce qui se passe dans la journée, c’est important, mais dans l’après-journée aussi, comme après les congrès que peut accueillir une ville comme Lyon. Je crois avoir modestement une valeur ajoutée car j’ai été pendant trente ans acteur dans le secteur du divertissement et j’ai été membre du bureau de l’office du tourisme. Je connais les forces et les faiblesses des acteurs. Et sur le volet sécurité, quand vous avez géré des établissements de nuit, vous avez une certaine expérience », fait-il valoir.

Pierre Chambon, futur vice-président préposé à la vie festive locale ? « Si Gérard Collomb me voit dans ce rôle-là… », estime-t-il, en assurant que l’ancien maire de Lyon « écoute les envies », même si les têtes de listes ne choisissent pas toujours leurs délégations en cas de victoire dans les urnes. En attendant, Pierre Chambon met son « gros réseau » au service du baron lyonnais. Pour que la fête continue un mandat de plus.

Mathilde Régis 

Précédemment dans l'Oeil

Dans la dernière ligne droite des régionales, Laurent Wauquiez active son armée de maires

Des confins de la Haute-Loire à Caluire-et-Cuire, plusieurs premiers édiles ont distribué à leurs administrés une lettre, qui se présente comme un courrier officiel, pour soutenir le candidat LR.

Régie publique de l’eau : les salariés de Veolia mettent la pression sur la Métropole de Lyon

Dans un an et demi, le Grand Lyon gérera, via une régie publique, l'eau potable de son territoire, en lieu et place de l'actuel délégataire Veolia. Ce vendredi, les salariés de la filiale du groupe seront en grève pour demander des garanties à la Métropole sur la transposition de leurs acquis sociaux dans la future entité.