Dans le quartier de la Confluence. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Grand Lyon : Bruno Bernard réclame l’encadrement des loyers

Voilà une décision qui devrait animer le conseil du Grand Lyon de ce lundi 5 octobre… La Métropole candidatera à l’expérimentation de l’encadrement des loyers, un dispositif prévu par la loi Elan de 2018. Objectif : freiner la hausse des prix de l’immobilier dans l’agglomération [relire à ce sujet notre article, avec graphique et carte, publié en mars dernier]. Ou, plus précisément, à Lyon et Villeurbanne, les deux communes concernées par le périmètre que soumettra la collectivité de Bruno Bernard (EELV) au gouvernement. « C’était un engagement de notre campagne et c’est une mesure attendue par une majorité de Lyonnais, vante Renaud Payre, vice-président du Grand Lyon chargé de l’habitat et du logement social. Avec l’encadrement des loyers, nous souhaitons envoyer un signal, marquer la volonté de la Métropole de réguler ce marché. »

Et concrètement ? Une fois la délibération sur la candidature votée cet après-midi - une formalité -, le dossier du Grand Lyon sera sur le bureau de la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon. La collectivité table sur un vert fert du gouvernement au cours du premier semestre 2021. Ensuite, tout restera à faire : établir, par zones (à déterminer), les loyers médians des logements, en fonction de leur taille et de leur année de construction, en se basant notamment sur les données de l’Observatoire des loyers, rattaché à l’Agence d’urbanisme de Lyon. Le préfet fixera alors un plafond à ne pas dépasser qui correspondra au loyer médian + 20%. Actuellement, il faut compter, tous secteurs confondus, plus de 12 euros le mètre carré pour les communes de Lyon et Villeurbanne. Et même plus de 16 euros pour les appartements de petite surface.

Une police des loyers

Si la Métropole de Lyon obtient satisfaction, elle sera la troisième agglomération, après Lille et Paris à tester, pendant cinq ans, l’encadrement des loyers. « Ce qu’on constate c’est que le dispositif est vraiment efficace au moment de sa mise en œuvre, mais après, en cas d’absence de contrôles, on peut observer des dépassements », souligne Renaud Payre. Pour éviter cet écueil, l’ancien chef de file de la Gauche unie prévoit de créer des « brigades logement territorialisées », sorte de police des loyers chargée de vérifier que les plafonds sont bien respectés.

« Il faut lever les fantasmes : on ne va pas diminuer les loyers, on veut encadrer leur augmentation », poursuit le vice-président qui anticipe les réticences que ne manquera pas de susciter la mesure parmi les professionnels de l’immobilier. Elle ne concernera que les logements qui feront l’objet d’un nouveau bail ou d’un renouvellement. Et, comme écrit plus haut, que les deux principales villes de la Métropole. Pourquoi ne pas inclure Caluire-et-Cuire ou Oullins, de plus en plus prisée depuis l’arrivée du métro ? « On y avait pensé, mais élargir le périmètre à ces communes aurait affaibli notre candidature. La tension [immobilière] n’y est pas assez forte », répond Renaud Payre.

Pour la petite histoire, auprès de Bruno Bernard, le dossier sera suivi par Antoine Dulin, qui vient d’être recruté au cabinet du président du Grand Lyon comme conseiller « social et solidarités ». Cet ancien chef de projet à Habitat et Humanisme était candidat aux élections métropolitaines sur une des listes de… David Kimelfeld, qui s’est toujours montré réticent à l’idée d’encadrer les loyers. « Ce n’était pas faute d’avoir plaidé pour au sein de son équipe », confie le collaborateur.

Nicolas Barriquand

Post-scriptum - 83 pour, 64 contre et 2 absentions : ce lundi 5 octobre, l’assemblée métropolitaine a voté, sans surprise, le principe de candidater à l’encadrement des loyers, non sans un âpre débat. Les groupes d’opposition ont, chacun leur tour, dénoncé « ce dispositif mal calibré et déconnecté de la réalité », dixit le collombiste Louis Pelaez, « une idée inopérante » aux « effets pervers », d’après l’élue de droite Dominique Nachury. À leurs yeux, la mesure fera fuir les investisseurs qui iront construire hors de la Métropole et les particuliers qui se détourneront du marché locatif.

Particulièrement attendu, le discours de Michel Le Faou, l’ancien « Monsieur urbanisme » de Gérard Collomb puis de David Kimelfeld, s’est égaré dans un parallèle entre loyers et baguette de pain (idée à retenir : l’immobilier, c’est comme la boulangerie, si vous régulez le prix de la baguette, le boulanger partira dans la commune d’à-côté). Avant d’asséner, comme les autres opposants, que la meilleure façon d’atténuer la flambée (des loyers, pas des baguettes), c’est de construire toujours plus. « Votre politique n’a contenu ni la hausse du foncier ni celle des loyers », l’avait assaisonné par avance le communiste Pierre-Alain Millet. « Nous, nous allons agir », a repris Renaud Payre à l’adresse de Michel Le Faou et des autres critiques. Et d’ajouter, solennel : « Si votre préoccupation est de ne pas inquiéter les promoteurs, la nôtre est de répondre aux préoccupations des Grands Lyonnais ». La balle est désormais dans le camp du gouvernement.

Cet article concerne la promesse :
« Encadrer les loyers »
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