L'Université de Lyon devait rassembler en un seul établissement Lyon-1, Lyon-3, l'ENS et l'université de Saint-Etienne. / © DR

Universités : les Stéphanois coulent l’Idex Lyon-Saint-Etienne

« Rentrée périlleuse à l’Université de Lyon », titrions-nous, le 1er septembre dernier. On ne croyait pas si bien dire… Ce jeudi 29 octobre, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a mis un terme au projet de méga-université regroupant des établissements de Lyon (École normale supérieure, Lyon-1 et Lyon-3) et de Saint-Etienne (université Jean-Monnet). Cette décision survient après le refus de l’université stéphanoise d’entériner les statuts du futur ensemble, le 22 octobre dernier, en conseil d’administration (22 voix contre, 11 pour, une abstention).

Absence de démocratie en interne, passage en force, management délétère… Les tenants de la fusion - de laquelle s’étaient auparavant retirés Lyon-2 et l’école d’ingénieurs Insa - n’ont jamais vraiment réussi à convaincre l’ensemble du monde universitaire du bien-fondé de ce projet. Outre le temps et l’énergie des agents de la « Comue », la « Communauté d’universités et d’établissements » qui préfigurait la future université, il a aura tout de même englouti quelques centaines de milliers d’euros en « conseils » et autres réflexions savantes [(re)lire notre enquête : « L’Université de Lyon, vache à lait des consultants »].

Financements alternatifs ?

Cet abandon signe-t-il pour autant la fin des fonds Idex, conditionnés à la poursuite du projet de fusion ? « L’État ne va pas décider de couper les vivres à tous les laboratoires qui vivent de ces investissements, ce serait catastrophique. Les fonds seront pérennisés d’une autre manière et porteront juste un nouveau nom », croit savoir un membre du collectif d’opposants « Idexit ».

Le communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur [voir le document ci-dessous] n’évoque toutefois aucune piste de financements alternatifs. « La première conséquence de l’abandon de l’Idex (…), c’est 15 millions d’euros perdus chaque année mais surtout l’absence de fléchage de la part de l’État sur des projets de recherche de haut niveau. Quel gâchis ! », enrageait, ce vendredi sur Twitter, l’ancien maire de Lyon Gérard Collomb.

CP-arrêtduprojetd'IdexLyon-STEtienne

La fusion pourrait-elle renaître sous une autre forme ? Dans son communiqué, les services de Frédérique Vidal évoquent l’espoir « qu’à l’avenir et dans le cadre d’une autre procédure que celle des initiatives d’excellence, les établissements lyonnais et stéphanois sauront trouver une autre manière de faire reconnaître et valoriser le potentiel académique et scientifique exceptionnel qui est le leur ».

« On n’est pas à l’abri d’un énième coup de pression… », redoute Claude Danthony, professeur de mathématiques à l’ENS Lyon et opposant historique au projet Idex. Pour lui, la décision de jeudi représente une opportunité de créer une coopération équilibrée entre les différents établissements : « Il faut transformer en profondeur la Comue, qu’elle devienne un lieu de rencontres et de débats, avec des instances plus démocratiques ».

La structure, outre la gestion, jusqu’à présent, des fonds Idex, pilote le plan campus. Soit 575 millions d’euros destinés à la construction ou à la réfection de bâtiments universitaires.

Jennifer Simoes

Nos précédentes enquêtes sur l'Université de Lyon

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/09/01/rentree-perilleuse-a-luniversite-de-lyon/

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2019/01/09/universite-de-lyon-khaled-bouabdallah-le-maitre-a-fusionner-qui-divise/

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2018/09/12/luniversite-de-lyon-vache-a-lait-des-consultants/

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