Véhicules du Samu 69. / © Capture d'écran : vidéo Fondation HCL.

En pleine épidémie, le Samu de Lyon perd des agents pour répondre au 15

Non, ce n’est pas une (mauvaise) blague… Alors que le Samu 69 se trouve en première ligne face à la recrudescence de Covid-19 - en moyenne, depuis un mois, plus d’un appel sur cinq concerne le coronavirus -, les Hospices civils de Lyon (HCL) s’apprêtent à réduire le nombre d’agents chargés de répondre au 15. À partir du 1er décembre, l’équipe au bout du fil, installée au pavillon R de l’hôpital Edouard-Herriot, passera de 50 assistants de régulation médicale ou « ARM » à 44.

Officiellement, l’effectif total du Samu 69 (182 agents selon le site internet des HCL) ne sera pas affecté : les six ARM supprimés deviendront des « ARM Ressources ». Autrement dit, « des chefs de rayon », compare un professionnel. Ceux-ci doivent compter au minimum deux ans d’expérience dans le service. Ils seront chargés de coordonner l’activité de régulation, de veiller à l’application des protocoles ou de venir en soutien à un agent confronté à un appel difficile.

« En cas de suractivité, ils pourront eux aussi décrocher, mais les ARM Ressources sont des postes de jour, ils vont donc sortir des plannings », déplore Alexandre Creux-Maluga, assistant de régulation au Samu des HCL et délégué de l’Afarm (Association française des assistants de régulation médicale). Le Samu de Lyon fonctionne 24 heures sur 24, avec, en théorie, cinq ARM sur le pont la nuit et 10 en journée.

Arrêts maladie non remplacés

« Dans l’absolu, c’est très bénéfique de créer ces postes d'ARM Ressources, surtout pour une équipe aussi importante que la nôtre, mais les HCL mènent cette réforme à effectif constant. Résultat, on se retrouve à 44… sur le papier. Car actuellement, à cause d’arrêts maladie non remplacés, on tourne à 36 agents », poursuit Alexandre Creux-Maluga.  

« Ils sont déjà débordés alors même que l’hiver n’est pas encore là et qu’on est en pleine vague de Covid ! Pourquoi les HCL n’ont-ils pas au moins attendu le printemps prochain ? », blâme Chaïbia Khaif-Janssen, secrétaire de la section Sud de l’hôpital Edouard-Herriot. Contactée, la direction du CHU de Lyon ne nous avait pas répondu au moment de la publication de notre article.

Pour faire face à l’épidémie, les ARM ont reçu le renfort d’étudiants en médecine, entre deux et trois personnes par 24 heures. Alors que tout nouvel agent du service suit une formation de deux mois, cette force d’appoint n’est briefée qu'une seule journée avant de répondre au téléphone. « Leur formation est intense et ils sont en 5e année de médecine, nuance Alexandre Creux-Maluga. Mais il faut en effet les encadrer un minimum. »

« Un maillon essentiel »

Les petites mains du Samu 69 traitent chaque année environ 620 000 appels. Plus de la moitié débouchent sur un dossier de régulation. Charge aux ARM d’orienter leurs interlocuteurs vers la médecine générale ou d’urgence, ou encore de déclencher une intervention du Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation). Ces agents, qui sont souvent d’anciens aides-soignants ou pompiers volontaires, peuvent aussi les guider pour prodiguer des gestes de premiers secours.

Ils sont « un maillon essentiel du pôle Samu. Premier contact avec le patient, l’assistant de régulation contribue chaque jour à sauver nos vies », vantait une vidéo promotionnelle des Hospices civils de Lyon, tournée en 2018. Pas assez essentiel aux yeux de l’institution toutefois pour préserver leur effectif.

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