Laurent Wauquiez, à Tarare, le 11 mai. Photo : Twitter Laurent Wauquiez.

Régionales 2021 : désormais candidat, Laurent Wauquiez à la chasse aux maires… y compris décédés

Il était temps… « Je suis candidat à cette élection régionale du 20 juin », a déclaré, ce mardi 11 mai, à moins d’une semaine de la date limite du dépôt des listes, Laurent Wauquiez, lors d’un déplacement à Tarare. Slogan du président sortant d’Auvergne-Rhône-Alpes : « La Région avec toutes ses forces. » Pour connaître le détail de celles de l’ancien patron des Républicains, il faudra encore patienter un peu. Le désormais candidat devrait publier ses listes d’ici à la fin de cette semaine. Il a jusqu’à lundi 17 mai pour les faire enregistrer auprès des préfectures.

Mais les pronostics vont bon train. Selon Le Progrès, le député LR Bernard Perrut est annoncé en bonne place dans le Rhône, tandis que le duo Stéphanie Pernod-Beaudon, actuelle vice-présidente chargée de la formation professionnelle, et Alexandre Nanchi, conseiller régional sortant et collaborateur des élus de droite de la Métropole de Lyon, mèneront la liste dans l’Ain.

Pour le reste, selon des informations obtenues par Mediacités, ça patine encore. C’est que l’homme à la parka rouge - et aux panneaux bleus - a une obsession (outre l’insécurité) : « Il veut des maires têtes de liste partout », confie un cadre LR. À commencer par Jérémie Bréaud, l’édile de Bron et star montante du parti [(re)lire son portrait sur Mediacités : Jérémie Bréaud, un mini-Wauquiez à l’assaut du fief socialiste de Bron], médiatisé ces derniers mois suite aux menaces de mort dont il a été la cible dans sa ville.

Rien d’étonnant donc à ce qu’un appel de 1 507 maires de la région ait précédé la déclaration de candidature – l’histoire ne dit pas si chacun de ces 1 500 élus possèdent à l’entrée de leur bourg le fameux panneau « La Région aide ses communes » planté dès que la collectivité verse le moindre euro de subvention… Sauf que cet élan savamment orchestré a connu au moins trois bugs regrettables, selon un décompte établi par France Bleu Drôme Ardèche. Ainsi Serge Villard, maire d’Aubignas, dans le Sud de l’Ardèche, a été surpris de découvrir son nom parmi les signataires alors qu’il assure ne pas vouloir prendre parti. Explication de l’équipe de Laurent Wauquiez : un maire de Haute-Loire aurait commis une erreur en enregistrant le nom de son collègue.

Même surprise du premier édile de Saint-Julien-en-Vercors, Pierre-Louis Fillet, qui lui aussi assure à France Bleu ne pas soutenir Laurent Wauquiez. Il a signé puis s’est renié, soutient cette fois-ci l’entourage du candidat LR. Plus embêtant, figure dans la liste des 1 507 le nom de Michel Giles, ex-maire de Puy-Saint-Martin (Drôme)… décédé le 6 février dernier ! « Une erreur informatique », plaide-t-on cette fois-ci.

Les congédiés et ceux qui privilégient le département

Autre problème : à vouloir des maires partout, cela oblige à sortir quelques sortants. Surtout ceux qui ont eu le mauvais goût de ne pas se représenter aux dernières élections municipales comme l'ex-maire UDI d'Ecully Yves-Marie Uhlrich. « Il ne le prend pas très bien », euphémise une source interne aux Républicains.

Pour représenter localement le parti centriste qui rempile pour une alliance avec Laurent Wauquiez comme l'a annoncé son président Jean-Christophe Lagarde, on devrait retrouver Christophe Geourjon, élu à la Métropole de Lyon et patron de l’UDI dans le Rhône. Ce ne serait pas le moindre des paradoxes pour celui qui justifiait l’an dernier, auprès de Mediacités, son ralliement à Gérard Collomb en ces termes : « Les Républicains de Laurent Wauquiez ont pris une posture très conservatrice et pour moi qui suis un libéral, cela me posait un problème politique de fond. »

Autres conseillers régionaux congédiés : Laurent Buffard, ex-adjoint au maire de Neuville-sur-Saône, et Catherine Laforêt, pourtant encore adjointe au maire de Saint-Didier-en-Mont-d’Or, qui sera bien présente sur la liste mais en position non-éligible. Exit également, d’après nos informations, les Lyonnaises Anne Pellet et Florence Verney-Carron, jusqu’à présent chargée de la culture. « Elles étaient furieuses », glisse un élu LR.

Certains ont décidé d’eux-mêmes de ne pas rempiler. Ainsi Patrice Verchère, maire de Cours et président de la communauté d’agglomération de l’Ouest rhodanien, a déjà assez à faire… d’autant qu’il se présente aux élections départementales dans le canton de Thizy-les-Bourgs. Béatrice Berthoux, vice-présidente chargée des lycées, privilégie elle aussi le département du Rhône pour poursuivre sa fulgurante « ascension politique ». La numéro 2 de la région candidate dans le canton de Villefranche-sur-Saône pour défendre les couleurs de la majorité LR sortante de Christophe Guilloteau. L’élue avait pourtant supervisé l’installation des portiques à l’entrée des lycées ainsi que les très médiatiques distribution de masques et campagne de vaccination... Mais toujours dans l’ombre de Laurent Wauquiez.

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