L'ancien conseiller municipal de Lyon Ali Kismoune, ici en 2016. Photo : CC BY-NC-ND 2.0-@FDaburon-Fondapol.

D’anciens proches de Gérard Collomb créent un micro-parti… « pour les années à venir »

Il s’appelle « Le Colylab », un nom censé évoquer le colibri, cet oiseau minuscule qui à force de petites actions tente de changer les choses. En toute discrétion, un nouveau mouvement politique a fait son apparition dans le paysage lyonnais, comme l’a repéré Mediacités. Son positionnement ? « Écologiste et progressiste de centre gauche », selon ses statuts adoptés en mai dernier. Son objet ? « Apporter un nouveau cadre d’action innovant sur les territoires de la région Auvergne-Rhône-Alpes. » Ses concepteurs ? Ali Kismoune et Jérôme Payen.        

Pour qui suit la vie politique locale, ces deux noms sont loin d’être inconnus. L’un comme l’autre ont été des rouages du système mis en place par Gérard Collomb. Le premier, Ali Kismoune, fut conseiller municipal de Lyon, délégué à la politique de la ville et à la vie des quartiers lors du précédent mandat. Il fut aussi le trésorier de l’association de campagne « Prendre un temps d’avance » créée par l’ancien maire de Lyon pour tenter de reconquérir la Métropole en 2020. Le second, Jérôme Payen, fut jusqu’à la chute du baron le chef de cabinet de Gérard Collomb. Il figurait également au bureau de l’association « Prendre un temps d’avance ».

Les deux furent par ailleurs aux manettes de La République en marche dans le Rhône, lieutenants officieux de Caroline Collomb (l’épouse de l’ex-maire) quand elle en était la référente (2017-2019). Une période particulièrement conflictuelle pour les macronistes lyonnais [relire notre enquête : Mal-aimée, décriée, Caroline Collomb s’incruste dans le paysage lyonnais]. Mais tout cela, c’est du passé ! Après l’accord passé entre Gérard Collomb et la droite entre les deux tours des élections locales de 2020, Ali Kismoune avait claqué la porte. Sans démissionner du cabinet, Jérôme Payen s’était mis lui en retrait de la campagne de son patron.

« J’ai été échaudé par En Marche où on ne faisait pas de politique au sens noble du terme »

Les revoici donc avec Le Colylab. Leur mouvement annonce, dans ses statuts, vouloir « promouvoir les principes et idéaux de la République laïque et de la démocratie (…), l’écologie, l’émancipation, l’égalité des chances, l’égalité entre les femmes et les hommes » et « présent[er] des candidats aux élections législatives, régionales, municipales, métropolitaines et départementales ».

« C’est avant tout un think tank pour prendre le temps de réfléchir aux questions liées au développement durable et à l’avenir des quartiers populaires. Cette association ne portera pas de candidature aux élections législatives de l’an prochain », tempère Ali Kismoune, qui dit « avoir tourné la page ». « J’ai arrêté la politique, jure celui qui travaille au cabinet de la présidence de l’Université de Lyon. Le Colylab, c’est un micro-parti pour les années à venir… »

« J’ai été échaudé par En Marche où on ne faisait pas de politique au sens noble du terme. En dehors du soutien à Emmanuel Macron, les adhérents ne partageaient pas grand-chose…, confie de son côté l’ancien socialiste Jérôme Payen. Le moment venu, le Colylab veut être un outil qui rassemblera, au niveau local, des gens issus de la gauche qui ont pris conscience de l’enjeu écologique et qui pensent que celui-ci ne doit pas être relevé au détriment de la justice sociale. »

Des rencontres avec Grégory Doucet

Comme son camarade Kismoune, Jérôme Payen, aujourd’hui engagé aux Nouveaux démocrates, un parti fondé par le député (ex-LREM) Aurélien Taché, assure ne pas préparer de futures échéances : « Me présenter à une élection, ce n’est pas forcément le but. J’ai 47 ans et je pense qu’il faut faire de la place aux jeunes. Je prends seulement plaisir à participer à la réflexion sur la reconstruction de la gauche avec l’écologie. »

Le Colylab s’inscrit clairement dans la galaxie verte. « C'est maintenant le tour des écolos, c'est leur moment », considère Ali Kismoune. Jérôme Payen a lui soutenu Fabienne Grébert (EELV) lors des élections régionales de juin dernier, avant de prendre part à la primaire écologiste en se rangeant derrière le maire de Grenoble Éric Piolle. Grégory Doucet a aussi reçu à deux reprises l’ancien collaborateur de Gérard Collomb ces derniers mois.

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