La cathédrale de Nantes / Photo : Creative Commons - Flickr - Daggett.fr

Malgré le déconfinement, la pollution de l’air reste faible à Nantes

Avec le déconfinement, la pollution ferait-elle son retour à Nantes ? Pas spécialement, si l'on en croit Air Pays de la Loire. Dans son évaluation sur les premiers jours de l’après-confinement publiée le 19 mai, l’agence de surveillance de la qualité de l’air de la région relève un niveau de pollution plutôt bon. Plusieurs facteurs l’expliquent, parmi lesquels une reprise partielle et progressive de l’activité. Si on observe bien une augmentation de la circulation durant la semaine du 11 mai (données Nantes Métropole), celle-ci demeure en baisse de 20 % par rapport au trafic observé en temps normal. Bref, si l'on reste loin des 70 % de baisse atteints pendant certaines semaines du confinement, le recours au télétravail et les mesures encourageant la pratique du vélo semblent avoir permis de limiter l’impact du déconfinement.

Partiellement, du moins. Car comme souvent en matière de pollution atmosphérique, les conditions météorologiques semblent avoir joué un grand rôle. « Nous avons eu beaucoup de vent pendant cette première semaine, c’est idéal pour la qualité de l’air », constate ainsi Marion Guiter, ingénieure d’études à Air Pays de la Loire. Ce qui a permis de dissiper les particules polluantes. À tel point que sur le boulevard Victor Hugo, la présence de dioxyde d’Azote s'approche de celle relevée en période de confinement, avec plus de 80 % de baisse par rapport à une période normale. Concernant les particules fines, leur diminution est moins spectaculaire, mais reste plutôt stable comparée aux semaines précédentes. « C’est plus compliqué de tirer des conclusions sur les particules fines, car elles sont dues autant à la circulation qu’à d’autres facteurs comme l’activité industrielle », rappelle Marion Guiter.

Malgré l’absence d’un fort rebond de la pollution de l’air à Nantes, Air Pays de la Loire reste vigilante pour les semaines à venir. L’agence alerte notamment sur le délaissement des transports en commun et préconise – dans la mesure du possible – d’avoir recours au vélo plus qu’à la voiture. « S'il n’y a pas un retour total de l’activité, il n’y a pas de raisons de retrouver autant de pollution qu’avant, explique Marion Guiter. Mais on ne peut pas vraiment prédire ce qu’il va se passer, cela dépend aussi beaucoup des conditions météorologiques. » La limitation des déplacements reste déterminante pour conserver la qualité de l’air. Pour cela, le télétravail développé durant le confinement peut se révéler précieux. C’est d’ailleurs une solution préconisée par Air Pays de la Loire lorsque surgissent des pics de pollution.

Comme nous l’expliquions il y a quelques semaines, la qualité de l’air s’est largement améliorée à Nantes durant la période de confinement. Sur certains axes routiers habituellement très fréquentés, comme le boulevard Victor-Hugo, le dioxyde d'azote a parfois atteint un taux proche de celui observé en milieu rural. Quelques courts épisodes de pollution ont, malgré tout, été relevés. Selon le dernier rapport d’Air Pays de la Loire, ils « s’expliquent par l’apparition fréquente d’inversions de température qui bloquent les polluants au sol. »

Pendant le confinement, beaucoup sont ceux qui s’être livré à des travaux domestiques tels que le bricolage, le nettoyage ou la peinture par exemple. Ce qui a pu avoir pour conséquence une baisse de la qualité de l’air intérieur chez les particuliers, non négligeable pour la santé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a ainsi constaté le 2 avril, une hausse des intoxications provoquées par les « nettoyants / désinfectants, les solutions hydro-alcooliques, les huiles essentielles et les anti-inflammatoires », parfois utilisés à l’excès durant les premières semaines de confinement. Vouloir trop se protéger, peut se révéler contre-productif.

Romain Bizeul

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