L'assemblée nationale. Photo : Wikimedia Commons.

Néonicotinoïdes : de Rugy absent, les députés LREM de Loire-Atlantique divisés

C’était devenu une habitude sous le quinquennat Hollande, mais les gouvernements Macron y avaient jusque là largement échappé. Mardi, le feu vert donné par l’Assemblée nationale à la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles, a donné lieu au premier mouvement de fronde des députés de la majorité. 32 membres du groupe La République en marche (LREM) ont voté contre, 36 autres se contentant de s’abstenir. Seuls 175 des 271 membres du groupe macroniste votaient finalement en faveur du texte proposé par le gouvernement. Une première à cette échelle.

Une fracture au sein des troupes macronistes qui s’observe aussi au niveau local. Et même de façon amplifiée en Loire-Atlantique où trois députés LREM sur 8 ont voté contre ou se sont abstenus (un sur deux au Modem), tandis que François de Rugy brillait par son absence lors du vote. Parmi les réfractaires, on compte Yannick Hauri (abstention), Yves Daniel (Non), l’ex-LREM Sandrine Josso (Non) et Anne-France Brunet. « La nocivité des néonicotinoïdes est reconnue. Autoriser des dérogations, c’est revenir en arrière par rapport aux avancées de la loi Biodiversité de 2016. C’est un non sens écologique et sanitaire », explique cette dernière reconnaissant néanmoins un « choix difficile ».

« Choix difficile »… La même expression est employée par François de Rugy, mais pour un résultat inverse, ou presque. Absent lors du vote, l’ancien ministre de l’Environnement aurait voté « Oui », s’il en avait eu l’occasion. « Ayant un rendez-vous à l’extérieur à 18h30 (une interview sur BFM Business « calée avant de savoir qu'il y aurait ce vote à cette heure là », ndlr), je n’ai pas pu être présent au moment du vote. J'avais dit au groupe de faire une procuration pour voter pour, explique-t-il à Mediacités, ce que confirme un échange de SMS que nous avons pu consulter : « Vote pour cette loi dans la mesure où on ne revient sur l’interdiction de 2016 que pour la betterave. »

Mise à jour du 09/10/2020 à 10 heures : ajout de la confirmation que François de Rugy avait bien l'intention de vote le texte, et de voter pour. 

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer le débat public.

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