Image d'illustration : pollution de l'air à Lille en 2019. / Photo : CC - Lamiot

A Nantes, la pollution de l’air provoque chaque année 64 décès prématurés

64... C’est le nombre de décès prématurés liés chaque année à Nantes à la pollution de l’air, selon une étude menée par l’Institut pour la santé globale de Barcelone (ISGlobal) et publiée mercredi 20 janvier dans la revue The Lancet Planetary Health. 64 morts liées, d'après les scientifiques, aux particules fines (PM2,5, particules inférieures à 2,5 micromètres), issues du trafic routier, des activités industrielles ou encore du chauffage au bois. Un chiffre qui place Nantes au 247e rang des 858 villes européennes étudiées (une fois le chiffre brut ramené à différentes données pour permettre les comparaisons).

Pour mener à bien cette étude - une première à l’échelle des villes -, les chercheurs ont examiné les données de plus de 800 agglomérations européennes s’intéressant plus particulièrement aux conséquences sanitaires de deux types de pollution : celle liée aux particules fines (PM 2,5), donc, et celle produite par le dioxyde d’azote (NO2). Sur ce point, Nantes s’en tire plutôt mieux, puisque l’ISGlobal ne recense aucun décès supplémentaire lié à ce gaz toxique émis principalement par le trafic routier et notamment les motorisations diesels.

Nantes pollution air
Capture du site de l'ISGlobal.

Mieux que Paris ou Lyon. Moins bien qu'Angers ou Rennes

Aucun décès supplémentaire si l’on étudie les chiffres au regard des préconisations de l’OMS en matière de concentration de ce polluant dans l’air. Mais 132 qui pourraient être évités si la pollution de l'air nantais baissait jusqu'à atteindre le niveau des meilleures villes européennes du classement. Soit celles des pays du Nord - Norvège, Suède, Finlande - où les niveaux de particules fines et de dioxyde d'azote sont contenus largement en dessous des seuils fixés par l'OMS.

En France, c'est à Paris que la situation est, de loin, la plus inquiétante. Selon les chercheurs, la capitale enregistre 2 575 décès supplémentaires dus au seul NO2 et 2 822 imputés aux particules fines. Ce qui la place respectivement aux 854e et 488e rangs du classement. On respire donc mieux à Nantes que dans la métropole parisienne (ce qui ne surprendra personne), mais aussi qu’à Lyon (228 décès supplémentaires liés aux PM 2,5 ; 7 au NO2), à Lille (199, 4) ou Marseille (146,7). Mais à peine mieux qu’à Toulouse (65,0) et moins bien qu’à Rennes (35,0) ou à Angers (32,0).

B.P.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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