Concert lors de la Folle journée de Nantes 2009. / Photo : CC by Pymouss

Après l’affaire, nouvelles dates, nouveau directeur et nouvel audit à la Folle journée de Nantes

Un report, une nomination et un audit… Lundi soir, c’est une musique un peu différente de l'ordinaire qui résonnait au conseil d’administration de la Folle Journée de Nantes. Jamais, sans doute, les administrateurs de la société d’économie mixte (SAEM) qui gère le festival de musique classique n’avaient été confrontés à un tel ordre du jour. Crise sanitaire oblige, ils ont d’abord dû décider d’un nouveau report de l’événement, le second depuis le début de l’année. Si tout va bien, la manifestation créée par René Martin en 1995 se tiendra finalement du 28 au 30 mai prochain. Dans une formule dite « allégée », avec des jauges réduites à 35% de la capacité habituelle d’accueil.

La nouvelle n’était déjà pas joyeuse, mais il fallait ensuite que les administrateurs de la SAEM pourvoient aux conséquences de la démission de la précédente directrice, Joëlle Kerivin, soupçonnée de malversations financières. Première étape : lui trouver un successeur. Le poste a été attribué à Eric Montant. Charge à l’actuel directeur général adjoint de la Cité des congrès de Nantes, nommé jusqu’à la fin du mois de septembre 2021, de gérer la prochaine édition du festival. Et les conséquences de la crise ouverte le 12 mars dernier.

https://www.mediacites.fr/breve/nantes/2021/03/18/la-culture-%e2%80%afa-la-nantaise%e2%80%af-rattrapee-par-les-affaires/

L'audit n'a pas été communiqué

Une crise dont il est encore difficile de mesurer l’ampleur. Frais de coiffeurs et d’esthéticiennes, achats de vêtements, repas d'affaires non justifiés, avances sur salaire hors normes… Devant le conseil d’administration, deux membres du cabinet KPMG ont présenté à l’oral les grandes lignes de l’audit réalisé à la demande de la ville sur les comptes de la Folle journée et les dépenses personnelles réalisées par Joëlle Kerivin avec l’argent de la société. Sans rentrer dans les détails, ni révéler le montant du préjudice financier. L’audit lui même n’a pas été communiqué aux administrateurs de la SAEM « pour ne pas entraver l’enquête en cours », le document étant désormais entre les mains de la justice.

Pour mieux comprendre et mesurer l’ampleur des dégâts, les membres du conseil d’administration ont donc demandé que soit dressé un nouvel audit, portant cette fois sur une période plus large que les deux années sur lesquelles s’était penché KPMG.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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