La journaliste Morgan Large, victime d'intimidations. Ici au micro de la radio bretonne RKB pour laquelle elle travaille. / Capture reportage France 3 Bretagne

Soutien à la journaliste Morgan Large, victime d’intimidations et de malveillances

L’expression d’un immense ras le bol et d’un véritable soutien au travail d’enquête journalistique. Mardi 6 avril, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Rostronen, dans le centre de la Bretagne, pour apporter leur appui à Morgan Large, spécialiste des enquêtes sur l’agroalimentaire. Travaillant depuis plus de vingt ans pour la radio locale Radio Kreiz Breizh (RKB), la journaliste découvre la semaine dernière que l’une des roues de sa voiture avait été déboulonnée. Un acte de malveillance qui aurait pu lui coûter la vie, expliquait-elle samedi à Libération et qui fait suite à de nombreuses intimidations, menaces de morts et dégradations de biens.

Des « représailles » probablement liées à sa participation au documentaire « Bretagne, une terre sacrifiée ! », diffusé en novembre dernier sur France 5, dans lequel elle témoignait des problèmes liés au modèle agricole local et de la mainmise des agro-industriels sur le territoire.

De telles pressions, d’autres journalistes travaillant sur ces sujets les subissent également. C’est le cas d’Inès Léraud, auteure d’un livre enquête sur le scandale des algues vertes et victime de menaces et de procédures-baillons à répétition. En mai dernier, Mediacités publiait la tribune du collectif Kelaouiñ pour la liberté d’informer sur l’agroalimentaire en Bretagne. Soutenu par plus de 300 professionnels de la presse, elle exhortait à mettre fin à « la loi du silence » et aux entraves, pressions, menaces et censures auxquels sont confrontés les journalistes qui enquêtent sur ce secteur industriel majeur. En Bretagne, bien sûr, mais aussi partout en France.

Alors que les marques de soutien affluent – auxquelles s’associe Mediacités –, Morgan Large souhaiterait que cette mobilisation dépasse la sphère journalistique. « Que le monde agricole réagisse en se désolidarisant de ces agissements, explique-t-elle à Libération. Au-delà même de ces milieux, cette histoire concerne tout le monde car elle touche à la liberté d’informer et à la démocratie. Et nous montre également à quel point ce territoire peut être en souffrance. »

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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