Christelle Morançais lors de la présentation de son plan de relance régional le 6 juillet 2020 / Photo : Thibault Dumas

Régionales en Pays de la Loire : Morançais fait durer le (faux) suspens, de Rugy se déclare

Une heure d’interview sur France 3 Pays de la Loire dimanche 25 avril, une autre heure d’entretien sur Hit West deux jours plus tard et… toujours rien. Ces derniers jours, Christelle Morançais a eu deux fois l’occasion d’annoncer officiellement qu’elle briguera en juin prochain un nouveau mandat à la tête du conseil régional des Pays de la Loire. Et par deux fois elle n’en a rien fait, s’accrochant bec et ongles à son secret de polichinelle.

Car cela fait longtemps que la candidature de la présidente (LR) sortante ne fait plus aucun doute. Comme Mediacités le racontait début avril, elle dispose depuis le 16 mars d’une association destinée à assurer le financement de sa campagne. Dans son entourage, après avoir expliqué qu’elle souhaitait « rester maîtresse de son calendrier », on s’évertue désormais à entretenir le (faux) suspens dans le (faux) suspens. « Son annonce ne va pas être classique », promet ainsi un poids lourd de la droite régionale. On verra bien. En attendant son attitude, elle, est très ordinaire. 

Morançais, comme Rottner et Wauquiez

Christelle Morançais n’est en effet pas la seule présidente sortante à refuser de se déclarer. Dans les régions Grand-Est et Auvergne - Rhône-Alpes, ses homologues LR Jean Rottner et Laurent Wauquiez refusent également de sortir du bois. Avec Christelle Morançais, ils font désormais partie des derniers sortants à ne pas avoir posé officiellement leur candidature, depuis celle de Valérie Pécresse, hier soir, mercredi 28 avril, en Ile-de-France. Gros avantage pour ces sortants : ils bénéficient de leur statut et des moyens de la collectivité pour mener une campagne qui ne porte pas son nom. « On a rarement organisé autant de déplacements de la présidente que ces dernières semaines », s’amuse ainsi un cadre du conseil régional.

Cette stratégie fait sortir les adversaires de leurs gongs. En Ile de France, le candidat écologiste Julien Bayou a fini par signaler à la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) ce qu’il estime être une utilisation illégale de l’argent public. Fin mars, le candidat PS en Pays de la Loire, Guillaume Garot, annonçait saisir le préfet, estimant que Christelle Morançais ne respectait pas le code électoral en utilisant « les moyens humains et financiers de la région pour mener campagne. »

La pratique – vieille comme la politique – n’est pas tout à fait sans risque. Comme le rappelle Le Monde dans son édition du 27 avril, le socialiste Jean-Paul Huchon avait vu sa réélection à la tête de la Région Ile-de-France, en 2010, menacée d’annulation pour avoir utilisé les moyens de la collectivité lors de sa campagne. Que Christelle Morançais se rassure : le Conseil d’État avait à l’époque validé l’élection. Il avait en revanche condamné Jean-Paul Huchon à payer de sa poche 1,6 million d’euros de frais de campagne.

De Rugy se déclare officiellement

Si Christelle Morançais continue de ménager le (faux) suspens sur sa candidature, un autre protagoniste a fini par lever celui qui entourait la sienne. Dans un entretien accordé à Ouest-France vendredi 23 avril, François de Rugy s’est officiellement déclaré candidat à la présidence des Pays de la Loire, affirmant mettre « au service de la région (son) expérience, qui est à la fois d’élu local et de responsable national ».

Même s’il estime que la Région a besoin d’un « nouveau souffle », la tête de liste LREM a évité jusqu’à présent de s’attaquer au bilan de Christelle Morançais. « La majorité régionale sortante n’a pas tout mal fait », explique-t-il. L’ancien ministre de l’Écologie semble pour le moment préférer marquer son opposition avec Matthieu Orphelin, son ancien camarade sur les bancs de l’Assemblée. « Ce sont vraiment deux visions de l’écologie », explique-t-il quand on l’interroge sur ce qui le différencie de l’ancien député LREM et désormais tête de liste écologiste en Pays de la Loire. Et même « trois visions », qui pourraient s’opposer puisque François de Rugy évoque dans sa réponse celle du candidat RN, Hervé Juvin (lire le portrait que Mediacités lui a consacré). Pas un mot, en revanche, sur celle de Christelle Morançais… Mais il est vrai que cette dernière n’est pas encore candidate.

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