Hervé Juvin sur le plateau de France 3 Pays de la Loire, lors de la campagne des régionales 2021. / Capture écran France 3 Pays de la Loire

Grosse défaite, liste noire et petits mensonges… la sale semaine du RN, Hervé Juvin

« Les emmerdes, ça vole en escadrille », avait coutume de dire Jacques Chirac. En cette fin de mois de juin, Hervé Juvin s’est peut-être remémoré la maxime popularisée par l’ancien président de la République. Dimanche soir, le candidat du Rassemblement national aux élections régionales en Pays de la Loire a d’abord dû digérer la lourde défaite enregistrée par sa liste au second tour : 10,8%  des suffrages, soit 1,7 points de moins que le dimanche précédent et surtout 9 points de moins que le score atteint par le FN en 2015 (19,74 %).

Pour le « localiste », conseiller environnement de Marine Le Pen, qui devait attirer vers le parti d’extrême-droite de nouveaux électeurs, la claque a du être particulièrement difficile à encaisser. Au point de le voir se lancer dans de petits mensonges devant micros et caméras pour tenter de la faire passer. « Nous revenons plus nombreux à la Région, tentait-il de se féliciter. Le groupe du RN comptait six conseillers régionaux. Selon les chiffres dont je dispose, nous serons sept ou huit conseillers régionaux. »

L’ancien chroniqueur a beau tordre la réalité dans tous les sens, celle-ci reste implacable : si les élus du RN seront effectivement 7 à siéger à l’hôtel de région, cela ne représente pas un siège de plus qu’il y a six ans, mais bien 6 de moins ! En effet, mené par Pascal Gannat, le parti d’extrême-droite avait alors obtenu 13 élus. Ce n’est qu’une scission au sein du groupe, en octobre 2019, qui avait fait tomber ce nombre à 6. Elle suivait l’exclusion du parti de son ancien chef de file local, en raison de profondes divergences sur la ligne politique.

Sanctionné par le Parlement européen

Pour Hervé Juvin, un réveil difficile a succédé à cette soirée douloureuse. Lundi matin, il apprenait qu’il avait été placé sur « liste noire » par la délégation de soutien à la démocratie du Parlement européen, en compagnie de quatre autres députés européens du Rassemblement national (Virgine Joron, Jean-Lin Lacapelle, Thierry Mariani et Philippe Olivier). Comme l’a révélé le site spécialisé EuObserver, ils font partie d’un groupe de onze parlementaires sanctionnés pour s’être vus offrir des voyages luxueux en échange de rapports positifs sur l’organisation et la légalité d’élections-prétextes, sans mandat du groupe ni du Parlement européen, mais en leur qualité d’eurodéputés.

En juillet 2020, Hervé Juvin et ses acolytes s’étaient rendus en Crimée pour observer un référendum organisé par le pouvoir russe, afin de légitimer l’occupation de ce territoire ukrainien. Il s’était également rendu au Kazakhstan, à l’occasion d’élections que le Parlement européen avait décidé de boycotter.

L’inscription sur cette « liste noire » implique qu’il ne pourra plus participer à des missions officielles d’observation électorale au nom du Parlement Européen, jusqu’à la fin de l'année 2021 au moins. De quoi lui laisser le temps de phosphorer sur les raisons de son propre échec électoral.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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