Régionales en Pays de la Loire : Christelle Morançais forte sur les terres de la droite

Une première victoire électorale sur son propre nom (Bruno Retailleau partant au Sénat, elle avait repris en cours de mandat la présidence du Conseil régional), 12 points de plus qu’au premier tour et des adversaires relégués loin derrière elle… Dimanche soir, à l’issue du second tour des élections régionales, Christelle Morançais, présidente (LR) sortante, avait de quoi se réjouir. Et elle ne s’en est pas privée, fêtant la victoire avec ses supporters dans les rues de Nantes. Aussi net soit-il, ce succès doit toutefois être nuancé.

D’abord, parce que des tendances nationales ont lourdement pesé sur le résultat : le niveau record de l’abstention, qui a à peine baissé en Pays de la Loire entre les deux tours (68,34 % contre 69,27 %) ; ou encore la prime au sortant, qui a conduit à la reconduction de la totalité des présidents de région en place, à l’exception de la Réunion et de la Guyane

227 000 voix de moins que la droite en 2015

Ensuite parce que Christelle Morançais a surtout mobilisé l'électorat conservateur traditionnel. Certes, comme l’explique le politologue Arnaud Leclerc à Ouest-France, c’est ce qui lui offre cette large victoire, la droite ayant « réussi à moins démobiliser son camp ». Mais elle n’élargit pas sa base sociologique ni territoriale. Abstention oblige, elle obtient ainsi 227 000 voix de moins que Bruno Retailleau six ans plus tôt. Et si elle l’emporte dans les quatre départements de la région déjà à droite, elle échoue derrière Matthieu Orphelin en Loire-Atlantique, qui garde d'ailleurs un socialiste à sa tête à l'issue des élections départementales.

En Loire-Atlantique, Christelle Morançais enregistre ses meilleurs résultats dans les petites communes rurales du Nord-Est du département, dans les communes les plus huppées de l’agglomération nantaise comme Sautron et le long de la côte. A La Baule, par exemple, elle obtient 64,58 % des suffrages et 2 800 voix de plus que Matthieu Orphelin. Malgré un discours axé sur la sécurité et la relance économique, elle ne regagne pas le terrain perdu ces dernières années dans les communes industrielles de l'estuaire, les électeurs lui préférant ainsi le RN et surtout l'abstention. Solide sur des acquis vieillissants, donc, mais guère plus.

 

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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