Régionales en Pays de la Loire : la dégringolade du Rassemblement national

10,8 % des suffrages, soit 1,7 points de moins que le dimanche précédent, près de 200 voix et surtout 9 points en dessous du score enregistré par le FN en 2015 (19,74 %). Comme partout en France, le Rassemblement national traverse en Pays de la Loire un sacré trou d’air. S’il a passé une très sale semaine, Hervé Juvin peut donc se consoler : il partage avec toutes les têtes de liste et tous les responsables du parti lepéniste la responsabilité de la défaite.

Alors que l’abstention lui est généralement favorable, le RN perd cette fois du terrain absolument partout. Au niveau départemental l’écart avec le second tour de 2015 est parfois abyssal : 15,67 points dans la Sarthe (13,20 % contre 28,87 %) ; 11,69 en Mayenne (9,44 % contre 21,13 %) ; 11,15 en Maine et Loire (9,18 % contre 20,33 %) ; mais seulement 5,41 points en Vendée (13,77 % contre 19,18 %) ou 6,9 en Loire-Atlantique (8,72 % contre 15,62 %). Partout, la liste menée par Hervé Juvin revient peu ou prou à des niveaux équivalents à ceux atteint par Samuel Maréchal lors des élections régionales de… 2004.

En Loire-Atlantique, « l’écolo localiste » qui était censée normaliser le RN dans la région n’arrive en tête dans aucune commune et ne dépasse les 20 % que dans 10 d’entre-elles. Son meilleur score ? 34,85 % à Soulvache, au nord de Châteaubriant, une zone qui lui est traditionnellement favorable. Il résiste ensuite dans les communes majoritairement ouvrières de la périphérie nazairienne, comme Donges, Montoir-de-Bretagne ou Saint-Joachim. Pas de quoi compenser la faiblesse traditionnelle de ses scores dans la métropole nantaise. A Nantes même, il recueille 3162 voix soit 4,9 % des suffrages. Un score et un nombre de vote presque équivalents à ceux enregistrés par Éléonore Revel, la candidate RN lors des dernières municipales.

 

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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