Antoine Maurice et Nadia Pellefigue. / © Fred Scheiber - Rémi Benoit

Municipales 2020 : le coup de poker de Nadia Pellefigue

A moi la présidence de Toulouse Métropole ; à toi le Capitole ! C'est en substance le choix que la candidate socialiste Nadia Pellefigue, arrivée 3e au soir du 1er tour avec 18,53 % des voix, propose à la tête de liste Archipel Citoyen, l'écologiste Antoine Maurice (27,57 % des suffrages). Faute de quoi, elle se maintiendra au second tour...

Pendant le confinement, la vice-présidente PS du conseil régional a pu affûter ses arguments. Selon elle, Antoine Maurice aurait annoncé à plusieurs reprises pendant la campagne qu'il ne souhaitait pas cumuler les deux postes. Qui plus est, au vu des équilibres politiques dans la métropole, un candidat Archipel Citoyen aurait dû mal à se faire élire à la présidence sans le soutien des maires socialistes. « Si notre proposition n'est pas acceptée, nous en tirerons les conséquences. L'hypothèse d'un maintien est possible », menace la candidate qui promet la transparence sur les négociations en cours pour éviter « tractations » et « tambouilles ».

Du côté d'Archipel Citoyen, on « hallucine » après des déclarations de la candidate socialiste. Si Antoine Maurice refuse de les commenter « par presse interposée », son entourage les juge inacceptables, rappelant l'écart de neuf points entre les deux listes. « Antoine Maurice n'a jamais dit qu'il ne se consacrerait qu'à Toulouse en cas de victoire, ajoute un colistier. Et un autre archipélien pourrait s'occuper de la métropole. » Pas question, en tous cas, de se priver d'un poste où se concentre de plus en plus de pouvoirs.

Paradoxalement, la sortie de Nadia Pellefigue pourrait pousser Antoine Maurice à s'affirmer pour s'imposer à la tête de la mairie et de la métropole. « Quand c'est le maire de Toulouse qui candidate, il n'y a pas de débat. Les autres communes suivent », analyse un connaisseur du microcosme politique toulousain. Laissées en jachère depuis le 16 mars, les négociations repartent dans un climat de méfiance. « Il n'y avait plus de problème sur le projet mais sur la gouvernance, assure une source archipélienne. La délégation de la liste Une Nouvelle Energie (UNE) de Nadia Pellefigue avait listé les organismes extérieurs importants et ceux qui ne l'étaient pas. On a dit d'accord pour une répartition à la proportionnelle, de même que pour les adjoints thématiques et de secteurs, mais on n'a pas ouvert les discussions sur les délégations et les présidences d'organismes. »

D'après nos informations, une éventuelle liste d'union comporterait 29 Archipéliens en position éligible, 19 colistiers UNE et 4 de la liste Pour la cohésion emmenée par Pierre Cohen. Sans accord d'ici au 2 juin, une triangulaire ferait les affaires du maire sortant Jean-Luc Moudenc (36,18 % des voix au premier tour). Reste à déterminer qui portera la responsabilité de la défaite de la gauche dans un tel cas de figure.

Gael Cérez.

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