Le site de Mix'Art Myrys à Toulouse, fermé administrativement par la mairie depuis janvier / © Gael Cérez

Culture : la mairie de Toulouse ferme Mix’Art Myrys

La nouvelle est tombée ce mercredi 20 janvier : Mix’Art Myrys doit fermer ses portes au public jusqu’à ce que l’ancien entrepôt transformé en lieu de création culturel soit mis aux normes. L’arrêté municipal prononçant la fermeture administrative a été transmis à Joël Lecussan, coordinateur du collectif d’artistes autogéré, quelques minutes à peine après la conférence de presse organisée par la structure à ce sujet. Initialement prévue à 13 h sur l’esplanade au pied de l’hôtel de Toulouse métropole, celle-ci a été dispersée par une dizaine de policiers nationaux qui ont distribué des amendes aux personnes présentes pour rassemblement interdit.

La menace planait depuis la visite surprise de la direction de la sécurité civile et des risques majeurs de la ville de Toulouse, le 14 janvier dernier, qui avait émis un avis défavorable lundi 18 janvier. « Nous ne pouvions en attendre moins tant il est de notoriété publique que Mix’Art Myrys n’est malheureusement toujours pas aux normes accueil public et ce malgré la volonté du collectif », reconnaissait le collectif auto-géré dans un communiqué.

« Malgré l’absence d’autorisation pour l’accueil de publics, les activités organisées au sein de l’établissement du 12 rue Ferdinand Lassalle (assimilé à un établissement de 2e catégorie), imposent le respect de la règlementation en vigueur pour la sécurité des ERP », explique la mairie, dont la commission communale de sécurité « a relevé plusieurs manquements, parmi lesquels « l’absence d’autorisation pour la création et l’aménagement d’un ERP et le stockage en quantité de matériaux combustibles ».

Propriétaire des lieux depuis 2018, Toulouse métropole profitera-t-elle de la fermeture pour mettre en œuvre les travaux annoncés en février 2019 pour un montant de 4,4 millions d’euros ? Difficile de le savoir car depuis cette annonce, la collectivité n’a apporté aucune réponse aux interrogations du collectif culturel concernant ce chantier. Sollicitée sur ce point, la mairie indique ne pas avoir d’élément de réponse à ce stade.

En dehors des salariés de l’association, personne ne peut accéder au site à l’heure actuelle. Les craintes de Mix’Art Myrys de « mettre la rue près de 60 artistes visuels, arts numériques et vidéo, musique, près de 10 associations et leurs salariés permanents ou ponctuels » et d’empêcher «près de 180 projets artistiques notamment sur le champ du spectacle vivant et des formes hybrides », se sont réalisées. Le tout, dans un contexte sanitaire déjà très préjudiciable pour le secteur culturel.

« Pendant quinze ans, personne ne s’est préoccupé de la sécurité des artistes et c’est maintenant, en plein covid et couvre-feu, que Toulouse métropole s’y intéresse. C’est troublant », remarque Joël Lecussan, qui souligne aussi « la coïncidence de calendrier entre le silence de la Métropole, cette visite inopinée et nos engagements les plus récents en faveur de la liste Archipel citoyen au second tour des municipales de 2020, et notre soutien à la demande de protection au titre des monuments historiques de ce lieu mythique à Toulouse nommé « Le Bleu Bleu ».

Réuni en fin d’après-midi mercredi, le collectif a décidé d’interpeller les élus par courrier pour les « faire revenir à la table des discussions ».

Gael Cérez

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Point final.

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