L'actuel site de test d'Hyperloop TT à Francazal, devrait être remplacé par un espace vert. / © HTT

La base aérienne de Francazal prépare sa mue

Un peu plus de verdure au lieu du béton et des entreprises de pointe à la place des casemates, voilà le futur visage de la zone aéroportuaire de Francazal. Mediacités a pu consulter les plans - encore non publics - présentés en avril au comité de suivi du projet d'aménagement « Francazal & Vilagil Territoires d’innovation », qui vise à transformer cette ancienne base aérienne militaire en zone économique.

Premier changement majeur, le sud de la zone aéroportuaire va être occupé dès 2025 par « une bande paysagère » agrémentée de bosquet, d’un plan d’eau et d'équipements sportifs qui devraient être accessibles aux habitants de la commune de Cugnaux. En conséquence, le tube d'essai de 320 mètres de la société californienne Hyperloop Transportation Technologies (Hyperloop TT) va devoir être démonté en 2024. Installé là en 2019 pour expérimenter diverses technologies de ce mode de transport sous vide, théoriquement capable de fuser à plus de 1 000 km/h, l'équipement devrait s'installer sur une autre partie du site, à l'ouest de l'aire de stationnement des avions.      

Francazal avenir

Actuellement occupée par des abris enterrés et des casemates, une large zone va être démolie et dépolluée en 2022. Plusieurs bâtiments vont y voir le jour : un pôle de recherche et développement transition énergétique autour de l’hydrogène, un autre dédié à l'aéronautique et aux drones avec une piste d’atterrissage verticale, et un pôle « mobilité terrestre autonome et connectée ». Le long d'une voie prévue pour les expérimentations de la navette autonome Easymile, un nouveau tunnel d'essai sera construit par Hyperloop TT. « Il s'agira d'une installation intermédiaire entre leur équipement actuel de 320 mètres et celle d'un kilomètre prévue initialement », précise Dominique Faure, vice-présidente de Toulouse Métropole, chargée de l'économie, l'innovation et l'emploi. Du côté de la société californienne, on reste plus flou. « Les choses ne sont pas arrêtées. Il s'agit d'un document de travail. Nous échangeons en étroite collaboration avec Toulouse Métropole », indique Alexandre Zisa, directeur des programmes d’Hyperloop TT.

Francazal avenir calendrier

En 2017, lors de l'implantation de la start-up sur la base aérienne, les promoteurs du projet prévoyaient une piste d'essai d'un kilomètre de long et une cinquantaine d'emplois sur site « dans un premier temps », indiquait La Tribune, à l'époque. Quatre ans plus tard, la piste n'existe pas et la start-up emploie une dizaine de personnes, en plus d'une centaine d'ingénieurs en sous-traitance, notamment chez Altran et Akka Technologies.

« Comme prévu, on est très en retard. C'est un projet d'innovation. On a le devoir d'être extrêmement optimistes sur les plannings. Je ne peux vous donner de date pour la construction de la piste d'un kilomètre, reconnaît Alexandre Zisa. On déroule un plan d'essai sur le tube qu'on équipe petit à petit. On y teste la totalité des technologies nécessaires à faire fonctionner l'Hyperloop, comme le vide, la propulsion, la lévitation et la stabilité. Cela va prendre plusieurs années. La seule chose, qu'on ne peut tester, c'est la vitesse. C'est un banc d'essai. Pas un démonstrateur. »

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Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.

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