«La sous-location de terres agricoles à des étrangers devient un gros problème dans la région. » Plutôt du genre taiseux, Gervais Hardy, agriculteur à Villeneuve d'Ascq, se lâche pourtant en fin de conversation. Pour bien comprendre cet accès de mécontentement, il faut avoir en tête que la plupart des cultivateurs nordistes ne sont pas propriétaires de leurs champs, mais seulement locataires de longue durée. Et que ce système présente de graves distorsions comme l’avait déjà expliqué Mediacités en décembre 2017 : des exploitants français, à l'insu de leurs propriétaires, sous-louent ce droit de cultiver à des agriculteurs belges.

Cette combine illégale, interdite par le code rural, est très tentante : un professionnel (c'est souvent le cas de personnes en fin de carrière) peut gagner autant d'argent - voire plus - que lorsqu'il travaillait lui-même le sol sans lever le petit doigt... On parle de montants annuels dépassant le millier d'euros à l'hectare, réglés en liquide, de la main à la main... Et de primes européennes qui continuent à tomber dans l'escarcelle de ceux qui se tournent les pouces.

https://www.mediacites.fr/lille/enquete-lille/2017/12/22/ces-agriculteurs-belges-qui-sement-linquietude-dans-le-nord/

Jean-Luc Cousin, fermier à Baisieux, est un repenti de la pratique. « J'ai sous-loué des champs à des Belges qui voulaient cultiver des pommes de terre, très demandées dans leur pays. Je ne le fais plus. Suite à des arrachages tardifs, ils ont complètement démoli mes sols. J'ai mis des années à r . . .

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