"Au moins cent hectares dans la seule vallée de la Lys ! » « Je n'ose dire des milliers d'hectares dans le département du Nord, mais sûrement plusieurs centaines. » « Des milliers et des milliers d'hectares tout au long de la frontière, des Flandres aux Ardennes ». Ce qu'évoquent - sur le ton de l'alarme - ces agriculteurs de la région interrogés par Mediacités, ce sont les champs loués et cultivés chez nous par leurs homologues belges. Certes, les estimations sont floues. Mais elles sont si nombreuses et récurrentes que le phénomène ne peut être nié.

« Il y a longtemps que des Flamands ou des Wallons viennent chercher chez nous les terres qui leur manquent. Je pense néanmoins que la pratique se développe », indique Dominique Fosse, chef de service à la Safer Hauts-de-France, organisme chargé des questions foncières agricoles. « Nous ne connaissons pas les surfaces et les Douanes ne sont pas capables de nous renseigner sur les volumes de pommes de terre et de légumes produits sous ce régime », déplore le président de la Chambre d'agriculture Nord - Pas de Calais, Jean-Bernard Bayard.
Distorsion de concurrence patente

Toute xénophobie mise à part, la situation pose plusieurs types de problèmes. Premièrement, les emprises sont souvent mises à disposition de nos voisins par des fermiers âgés, proches de la retraite. Elles sont donc soustraites, le temps de cette location, à de jeunes agriculteurs français qui pourraient les "reprendre" et s'installer. Deuxièmement, de précieuses prairies sont retournées et transformées en champs de patates, sous l'effet de cette demande, jusque dans le Boulonnais. Enfin, la distorsion de concurrence est patente. « Les Belges paient moins de . . .

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