Même les montagnes peuvent bouger ! Après quarante ans de présence rue Gosselet à Lille, la Maison régionale de l'environnement et des solidarités (MRES) va déménager. D'ici à la fin décembre, l'institution qui regroupe une centaine d’associations membres doit s’installer au 5 rue Jules de Vicq à Fives. Elle occupera gratuitement cet immeuble communal (pour une durée de cinq ans, reconductible une fois), en colocation avec un centre de ressources pédagogiques.

La question du transfert de la MRES se pose pratiquement depuis son origine. En 1979, quand le maire Pierre Mauroy permet son ouverture aux termes d'un accord avec ses partenaires écologistes, il laisse entendre que son implantation au centre-ville, dans une ancienne faculté de géologie, est provisoire. Une vingtaine d’années plus tard, c’est l'équipe d'animation de la MRES qui réclame des locaux plus adaptés pour ses hôtes et ses 16 salariés. En vain. A partir de 2016, c'est au tour de la municipalité de ranimer le serpent de mer. Elle souhaite que sa locataire quitte fissa la rue Gosselet pour permettre l'extension du Musée d'histoire naturelle tout proche...

Longtemps envisagée, la relocalisation dans l'immeuble de l'Institut d'études politiques, à Moulins, finit par buter sur la question de la pollution du site aux huiles industrielles. S'ensuit une partie de ping-pong entre associatifs et services municipaux autour de plusieurs points de chute. Tantôt l'immeuble est trop cher à réhabiliter (l'ancienne école Saint-Exupéry à Moulins) ; tantôt il apparaît trop excentré à ses futurs locataires (l'ancien collège Camus au Faubourg-de-Béthune). Martine Aubry s'irritera plus d'une fois de voir le dossier traîner et ses interlocuteurs poser leurs (modestes) conditions...

Changement de climat

Plusieurs éléments vont finir par débloquer la situation. D'abord, les « bons offices » d'Audrey Linkenheld, conseillère municipale porteuse de la candidature « Lille capitale verte européenne ». Ensuite, le… bouleversement climatique. Ou plus exactement les milliers de manifestants de ces derniers mois dans les rues lilloises. « Quand la Ville a vu que la MRES était l'une des animatrices du mouvement, le ton à notre égard a changé », témoigne Xavier Galand, son directeur. Et un accord a été trouvé.

A Fives, le vénérable réseau associatif disposera de 1600 mètres carrés. Soit un espace à peine moins grand que l'actuel, confortable, où il pourra poursuivre ses fonctions (hébergement de 34 associations, accueil de 2500 réunions par an...). Les dernières discussions portent sur l'aménagement intérieur. « Nous sommes soulagés sur le plan matériel, déclare Christopher Liénard, président de la MRES. Mais nous gardons un regret : celui de n'avoir pu co-construire avec les élus lillois un projet de développement à la hauteur des enjeux écologiques actuels. » Stanislas Dendievel, adjoint lillois à l'urbanisme, répond : « L'objectif était le relogement gratuit de la MRES, à la mesure de ses besoins, au coeur de la cité. Il est atteint. » Enfin !