Un « management inhumain » au Service départemental de secours et d’incendie (SDIS) ? Le terme a fait « bondir » la direction, a-t-on appris mardi, chez nos confrères de Ouest-France, en réaction à notre enquête sur le malaise qui règne au service traitant les appels au 18. « Nous n’avons aucun opérateur en larme ou qui se trouve dans une situation de souffrance, comme pourrait le laisser croire cet article », indique au quotidien un proche du directeur Laurent Ferlay, piétinant la dizaine de témoignages recueillis par Mediacités.

Le SDIS n’aurait par ailleurs « pas l’intention de dévier d’un iota » du protocole de détachement-intégration en tant que sapeurs-pompiers professionnels des fonctionnaires répondant aux appels passés au 18, signé en juillet 2019. « C’est un mensonge de laisser penser qu’on va virer les gens ! », poursuit la direction, dans une lecture pour le moins approximative de notre article : Mediacités n’a jamais laissé croire que les opérateurs perdraient leur travail. C’est leur fonction au sein du CTA-Codis qui est mise en cause. Et c’est justement l’objet de leurs craintes et de leurs deux grèves au cours de ces sept dernières années.

https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2021/02/11/malaise-au-18-ou-le-management-a-la-dure-du-sdis-de-loire-atlantique/

En résumé : « Circulez, il n’y a rien à voir », semble balayer le SDIS44. Rien à voir ? Pas tout à fait.

Après l'enquête, la situation évolue

D’une part, le lieutenant-colonel Philippe Varlet, particulièrement craint par les opérateurs du CTA-Codis comme nous le révélions, devrait être convoqué, ce jeudi, par sa direction. « [On] n’a jamais entendu parler en mal de ce cadre, mais on va l’entendre jeudi pour qu’il s’explique », confie au quotidien régional la même source. Malgré nos demandes et relances, le SDIS n’a pas été en mesure de nous confirmer cette information. [Mise à jour du 18 février - 9h30 : Dans un mail adressé aux Officiers Codis dont nous avons eu connaissance, Philippe Varlet indique ne pas avoir été convoqué par sa direction. « Bien entendu, dans le cadre de mes fonctions, je suis en contact régulier avec le DDSIS. Nous nous sommes entretenus au téléphone sur ces articles car ils l’ont interpelés, tout comme moi d’ailleurs. Le propos est grave et n’est pris avec légèreté ni par lui ni par moi, écrit-il. Le DDSIS ne m’a pas demandé de « m’expliquer » mais tout simplement et naturellement de disposer de ma perception. »]

La publication de l’enquête a provoqué beaucoup de bruit en interne. Et pourrait faire bouger les lignes concernant le fameux protocole qui crispe tant les opérateurs. Majoritaire chez les pompiers professionnels, le syndicat SUD confiait hier (mercredi 17 février) à Mediacités que la situation avait « évolué ». Suite à notre enquête, Thierry Vogne, l’un de ses représentants affirme travailler « pour proposer d’autres solutions ». Sans toucher, pour le moment, aux aptitudes sportives demandées, le syndicat voudrait proposer la réintégration au sein du CTA-Codis des opérateurs qui partiront en formation pour devenir sapeurs-pompiers professionnels. Une disposition « légale », assure le syndicaliste, qui pourrait épargner aux opérateurs le dilemme actuel : devoir choisir entre un statu quo précaire et un changement total de vie avec basculement en caserne, ce qu’ils n’ont jamais demandé.

Reste à savoir si cette proposition satisfera le SDIS et sa direction. Aux dernières nouvelles, ce dernier semblait privilégier une autre voie : celle de la magie, pure et dure. « Depuis 2014, il se trouve que certains départements ont intégré leurs opérateurs d’un coup de baguette magique. Chaque administration peut le faire », lance de manière hallucinante la source de Ouest-France. La Loire-Atlantique serait-elle donc une contrée de « moldus » , privée de certains pouvoirs, ce qui expliquerait qu'elle ne puisse intégrer ses opérateurs contrairement à d'autres départements ? Voilà une piste que Mediacités, on le concède, n’avait pas songé à explorer...