Coup d’arrêt pour l’exploitation de la mine de Salau. Le vendredi 28 juin 2019, le tribunal administratif de Toulouse a annulé le permis de recherche exclusif dont jouissait la société Variscan Mines. En cause : les finances de la société. Le tribunal juge Variscan incapable de tenir sa promesse d’investir 25 millions d’euros nécessaires à l’exploitation de la mine et la gestion de ses déchets.

Il y a 2 ans et demi, le 21 octobre 2016, le secrétaire d’État à l’industrie Christophe Sirugue avait accordé ce permis dans l’optique de refaire de la France un pays minier. Outre l’étain, le bismuth, le molybdène, le zinc, le plomb, le cuivre, l’or et l’argent, c’est le tungstène qui était particulièrement recherché à Salau. En 2012, quand le Bureau de recherches géologiques et minières a évalué le potentiel minier français, Salau était en effet apparu comme principal gisement de tungstène. Ce métal lourd utilisé dans le domaine militaire y avait déjà été exploité entre 1971 et 1986, avec des conséquences parfois désastreuses pour l’environnement comme l'avait raconté Médiacités : près de 700 000 mètres carrés de déchets miniers avaient été laissé dans la nature à la fermeture du site. Mediacités avait aussi évoqué la présence d’amiante sur les lieux. Pour Michel Bonnemaison, directeur général de Variscan Mines ce n’est alors rien que « du buzz ». Celui-ci nie toute présence du matériau toxique.

Quand 30 années après la fermeture de la mine, l’État a de nouveau ouvert la voie à son exploitation, une forte opposition locale a vu le jour. Plusieurs associations (Couflens-Salau Demain, Le comité écologique ariégeois, association Henri-Pézerat) ont ainsi mené un recours devant le tribunal administratif de Toulouse afin d’annuler les autorisations. Pourtant, ce n’est pas l’aspect sanitaire mais bien financier qui a convaincu le tribunal administratif de revenir sur les autorisations préfectorales : « Il ressort, en l’espèce, des pièces du dossier, que la société Variscan Mines s’est engagée dans le dossier de demande de permis exclusif de recherches à consacrer un montant de 25 millions d’euros pour les travaux d’exploration. Toutefois, il n’est pas établi que la société Variscan Mines, dont l’actif s’élevait à la clôture de l’exercice 2014 à 2,05 millions d’euros, disposait, à la date de l’arrêté attaqué, des capacités financières propres pour mener à bien les travaux d’exploration qu’elle s’était ainsi engagée à réaliser ».

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