Élections municipales, coronavirus, confinement, 2020 a été une année des plus intenses. Cela s'est ressenti dans notre production journalistique : 214 articles ont été publiés par Mediacités Toulouse ces douze derniers mois, contre 122 en 2019. En cette fin d’année, nous avons voulu faire le point sur nos révélations. Quelles conséquences ont-elles entraînées ? Ont-elle fait bouger les choses ? Bref, que s’est-il passé depuis leur publication ?

Le principal constat force à la modestie : peu d’articles publiés cette année ont eu un impact décisif sur le sujet abordé. Si certains ont contribué à l’évolution d’une situation, beaucoup d’autres ont eu autant d’effet qu’un coup d’épée dans l’eau. A minima, la plupart d'entre eux ont tout de même permis de dénoncer des faits qui auraient sinon été passés sous silence, comme ce contrôle de police aux relents xénophobes, cette entreprise qui exploite ses salariés ou cette autre qui ne les protège pas assez. Dans le cas de salariés malmenés, comme ceux de l’Ehpad de Ramonville par exemple, rendre public leur mal-être aura – on l’espère – soulagés ces derniers d’une partie de leurs souffrances.

1. Un programme de prévention des risques chez Sigfox

Plus récemment, nos révélations ont a priori fait bouger la situation dans la bonne direction chez Sigfox, cette entreprise de télécommunication dont nous avons documenté les tensions et la gestion problématique des ressources humaines. 

https://www.mediacites.fr/enquete/toulouse/2020/12/07/sigfox-un-fleuron-du-bas-debit-sous-haute-tension/

Très lue, cette enquête en deux tomes (lire ici et ) a été reprise par d’autres médias, comme Maddyness, le magazine de l'actualité des start-ups françaises, à qui l’entreprise labégeoise a affirmé « condamner avec force tout acte et forme de harcèlement et prendre très au sérieux les allégations citées dans l’article de Mediacités ». Sigfox assure d’ailleurs avoir mis en place un programme de prévention des risques psycho-sociaux « pour veiller au bien-être, à la santé et à la sécurité de chaque Sigfoxer ». Mieux vaut tard que jamais.

2. Un rapport interne sans suite publique

Dans le cas de notre enquête sur les fichages politiques à l'université Jean-Jaurès, l'impact est plus difficile à évaluer.

https://www.mediacites.fr/enquete/toulouse/2020/01/11/fichage-politique-a-la-fac-du-mirail/

En janvier dernier, nous révélions, avec nos confrères de Mediapart, que trois cadres de cet établissement s’étaient entendus pour restreindre l’accès aux locaux à vingt-quatre agents en raison de leur engagement politique. Après la publication de notre article, la présidente de l’université, Emmanuelle Garnier - qui n’était pas en fonction aux moment des faits - a demandé une inspection au ministère de l’Enseignement supérieur.

Interrogée en décembre sur les suites données à cette enquête interne, la direction de l’université précise que « le rapport d'inspection a été commandé par la ministre Frédérique Vidal elle-même », mais que « l’établissement n’est pas autorisé à diffuser le contenu de ce rapport au-delà des personnes directement concernées par le dossier ». Tout juste saura-t-on que la présidence de Jean-Jaurès a rappelé à sa communauté universitaire « son attachement aux principes qui sont au fondement de la fonction publique, parmi lesquels l’intégrité, la liberté de conscience et de la dignité des usager·ère·s. »

Les cadres « ficheurs » ont-ils été sanctionnés ? Le syndicat Sud Éducation a-t-il porté plainte comme il l’avait annoncé en janvier ? Et, le cas échéant, celle-ci a-t-elle abouti ? Impossible de le dire à l’heure actuelle.

3. Une modeste contribution

En dehors de Toulouse, Cugnaux est sans doute la commune sur laquelle Mediacités s’est le plus penché ces derniers mois. Trois enquêtes nous ont permis de révéler le mélange des genres de l’adjoint à l’urbanisme (ici et ) et le mic-mac politico-immobilier d’un autre élu de l’ancienne majorité.

https://www.mediacites.fr/complement-denquete/toulouse/2020/01/06/quand-ladjoint-a-lurbanisme-de-cugnaux-achete-un-terrain-a-un-prix-imbattable/

Autant d’éléments qui ont contribué à dynamiter la coalition menée par Alain Chaléon entre la droite et le centre, et conduit finalement ce dernier à renoncer à se présenter à l’élection municipale.

4. Un radar pour suivre la suite

Vous l’avez peut-être enregistré dans vos favoris : notre radar de l’action municipale a été lancé en octobre pour suivre la réalisation des promesses de campagne. Plusieurs d'entre elles ont déjà fait l'objet d'un article (la sécurisation des abords des écoles) ou d'une visio-conférence (le renforcement de la place des femmes dans l'espace public).

On ne sait pas si la municipalité se sert de notre plateforme pour garder un œil sur le programme du maire après la mise hors ligne des 300 et quelques propositions référencées sur son site de campagne. L’opposition toulousaine, elle, semble s’en être emparée. Elle l’a par exemple utilisée pendant le conseil métropolitain du 17 décembre pour rappeler au maire de Toulouse qu’il s’était engagé pendant la campagne à « accompagner le projet de RER toulousain ».

https://twitter.com/maxletex/status/1339643927272566787

Transpartisan, notre outil n’a qu’un objectif : faire progresser la transparence des institutions locales pour réconcilier les citoyens déçus avec la vie de la Cité.

Avatar de Gael Cérez
Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.