#MusicToo : Réactions en cascade dans le milieu musical suite à nos révélations

Notre récente enquête au sujet du harcèlement qu’un ex-agent de Jerkov Musiques aurait fait subir à plusieurs femmes - drague insistante, dénigrement, emprise et manipulation - a déclenché de nombreuses réactions. En moins de 48 heures, grâce au relais du collectif #MusicToo sur les réseaux sociaux, mais aussi à celui de nombreux artistes et associations de lutte contre les violences sexistes dans la culture, le constat est clair : la libération de la parole contribue à faire bouger les lignes.

Trois nouvelles victimes des agissements de Michaël G. se sont faites connaître à la suite de la parution de notre article. L’une confie s’être retrouvée, par surprise, à devoir partager le lit de l’agent pendant un festival, alors que ce dernier lui avait proposé de « partager une coloc ». Une autre affirme se reconnaître « parfaitement dans le témoignage des jeunes filles » relatés dans notre enquête. Elle décrit la manière dont elle a, elle aussi, été dénigrée par Michaël G. « En lisant cet article, j’ai l’impression de lire une partie de ma vie. Il me vendait du rêve, voulait me présenter du monde dans le milieu pour m’intégrer, mais j’ai vite fait un pas en arrière suite à son comportement », renchérit une troisième, évoquant « les compliments gênants » et les « gestes déplacés » de l'agent d'artistes, qui ont, selon elle, duré jusqu’à la vague #MusicToo.

Prises de positions... et annulation de concert

Dans le monde artistique, notre article a également déclenché des prises de position publiques. L’artiste Cavale, l’une des quatre victimes qui a témoigné dans notre article, et le groupe Bandit Bandit, également cité, ne se sont pas fait attendre pour publier des communiqués. Le groupe de rock lyonnais, témoin de plusieurs des violences subies évoquées dans notre article, a salué le courage des victimes et « condamné fermement les faits relatés ». « Nous aspirons à une industrie musicale plus juste et sûre pour les personnes qui la composent », poursuit le groupe.

Ambre, alias Cavale sur scène, revient, quant à elle, sur sa décision de témoigner en dévoilant son identité, malgré sa crainte « des représailles et des réactions, surtout je n’ai pas envie que mon projet en pâtisse encore plus ». Elle affirme avoir « décidé de le faire pour que cesse l’impunité, pour assainir ce milieu dans lequel j’évolue depuis plus de dix ans maintenant (…) ». Ambre explique l'impact des violences subies de la part de Michaël G., mais pas seulement : « Elles assomment, elles terrifient, elles font douter de soi, de son talent, des autres. Elles rendent méfiante, ce qui finit par nous être reproché ». Et d’ajouter, à propos cette fois-ci Michaël G. : « Il a mis en danger le projet qui chaque jour me prend tout mon temps, mon énergie. Il a fragilisé mon développement professionnel et donc mon investissement personnel et financier ».

« Certain.e.s penseront peut-être que ça n’est « pas si grave » ou « pas non plus une agression, poursuit-elle. Ce qui est sûr, c’est que cette personne m’a fait du tort, m’a blessée et effrayée, injustement et parce qu’il a toujours pu le faire en toute impunité jusqu’à présent. » La chanteuse, auteure et compositrice conclut qu’il faut aujourd’hui « plus d’entraide, d’empathie, d’adelphité et plus que jamais faire de ce milieu un endroit de création où chacun.e puisse être en sécurité et en confiance ».

"Au vu des accusations portées contre l’un des organisateurs du concert, j’ai décidé de me retirer de la programmation". Gaby

A ces prises de position s'ajoutent des gestes symboliques forts. Ainsi, l’artiste de chanson française Gaby a annoncé hier soir, sur son compte Instagram, qu’elle annulait son concert du 17 juin aux Trois Baudets, à Paris, lors d'une soirée organisée par l’agence Le Pool, pour laquelle travaille Michaël G : « Au vu des accusations portées contre l’un des organisateurs du concert (...), j’ai décidé de me retirer de la programmation. Je suis désolée pour les personnes qui avaient pris leurs billets pour me voir, envoyez-moi un message privé pour que l’on s’arrange. Je suis désolée pour toutes les femmes du milieu musical qui subissent des violences sexistes. On est ensemble. »

Dans un deuxième volet de notre enquête, à paraître prochainement, nous reviendrons plus largement sur les conséquences à moyen et à long terme, de l’appel à témoignages #MusicToo et de ce mouvement de libération de la parole. Chez Jerkov Musiques, mais aussi dans le milieu musical toulousain.

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