Le Touquet, Bondues, Mouvaux, Marcq-en-Barœul, Croix. On ne surprendra personne avec ce Top 5 des communes accueillant les très riches dans la région… Un classement réalisé par Mediacités à partir des données inédites fournies récemment par l’Insee sur les 1 % des plus hauts revenus en 2017. Ce club très fermé accueille des personnes disposant grossièrement d’un revenu de plus de 9 000 euros par mois (voir la définition précise dans notre encadré Méthodologie).

Dans notre tableau, nous avons rassemblé toutes les villes du Nord et du Pas-de-Calais qui comptent au moins 200 personnes vivant dans un ménage appartenant à ce fameux 1 %. Pourquoi un tel seuil ? Parce qu’un secret statistique très strict empêche l’Insee de diffuser ses données lorsqu’une commune compte moins de 200 personnes appartenant à ce niveau de revenus. Et ce afin de ne pas faciliter leur identification. Conséquence, seules dix-huit villes sont nommément recensées. Trois dans le Pas-de-Calais et quinze dans le Nord. Mais ce faible nombre traduit bien le fait que les deux départements accueillent très peu de ménages ultra-favorisés. Surtout le Pas-de-Calais.

Les très riches nombreux chez Macron, absents chez Darmanin

Sur les 891 communes du 62, seules Le Touquet, Béthune et Arras comptent plus de 200 ménages à très hauts revenus. Avec un taux de très hauts revenus de 7,21 %, la station chic du Touquet, chère à Emmanuel Macron, remporte toutefois la palme de toute la Région Hauts-de-France. Si Calais, Boulogne-sur-Mer, Lens, Liévin, Bruay-la-Buissière, Hénin-Beaumont, Saint-Omer et Berck ne figurent pas dans notre tableau, c’est tout simplement parce que les ménages à très haut revenu n’y sont pas assez nombreux !

Le constat est similaire dans le Nord. Sur les 652 communes, quinze seulement figurent dans notre tableau. Et onze d’entre elles appartiennent à la Métropole européenne de Lille, seule enclave de richesse dans un département globalement pauvre. Tourcoing, fief de Gérald Darmanin, fait partie des grandes villes absentes de ce palmarès. De même que Wattrelos, Maubeuge, Armentières, Mons-en-Barœul, Loos, Halluin, Hazebrouck, Grande-Synthe ou Denain qui affichent pourtant plus de 20 000 habitants. Toutes comptent moins de 200 membres du club des 1 %.

Sur la carte ici en illustration, une « banane riche » se dessine. Elle part du nord-ouest, traditionnel secteur huppé de la Métropole lilloise – BMW (Bondues, Mouvaux, Wasquehal), Marcq, Lambersart et La Madeleine – et descend vers le sud-est pour rejoindre le Pévèle-Mélantois. Dans une enquête parue il y a quelques années déjà, L’Express avait identifié sur une carte les communes où les revenus des habitants étaient les plus élevés du Nord. On y repérait notamment les communes de Gruson, Sainghin-en-Mélantois, Louvil et Mérignies, nouveaux lieux de prédilection des riches ménages de cadres de la métropole. Cela se vérifie avec ces données sur les 1 %.

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Les poches de richesse dans les Hauts de France. Insee Hauts-de-France

Dans un communiqué présentant les données pour les Hauts-de-France, l’Insee indique que, dans la région, « 14 400 ménages appartiennent aux 1 % les plus riches de France », dont près de la moitié habitent le seul département du Nord. Comme dans le reste de la province, « ils sont concentrés près de grandes communes de la région, précise encore l’institut de la statistique. Majoritairement âgés, ils sont souvent composés d'un couple sans enfant vivant sous leur toit. »

Ces 14 400 ménages de très hauts revenus (THR) représentent  5,4 % de l’ensemble des français les plus riches. Moins qu’en Nouvelle Aquitaine, en Occitanie, dans le Grand Est, en PACA ou en Auvergne-Rhône-Alpes. Et beaucoup moins qu’en Ile-de-France qui concentre 43 % des THR alors que la région capitale n’accueille que 18 % de la population française. Dans les Hauts-de-France, l’appartenance au club des 1 % de ménages français aux revenus les plus élevés porte mal son nom. Les ménages concernés ne représentent que 0,59 % de la population de la région.

Méthodologie : qui  sont les 1 % ?

« En 2017, en France, une personne se situe parmi les « très hauts revenus », c'est-à-dire les 1 % les plus élevés, si le revenu initial annuel de son ménage fiscal par unité de consommation (UC) dépasse 108 670 euros avant impôts et taxes, explique l'Insee sur son site. Ce seuil, correspondant à 9 060 euros par mois pour une personne seule et à 19 020 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans, est cinq fois plus élevé que le revenu médian de la population française. »