Municipales 2026 : Les candidats ont tous écouté les Lillois… mais ils n’ont pas entendu la même chose

Porte-à-porte dans les quartiers populaires, “sondage XXL” et “tonnelle du candidat”... A Lille, l’ensemble des prétendants au beffroi ont choisi de mettre en avant leur capacité d’écoute des préoccupations des habitants. Problème : leur récit des attentes des Lilloises et des Lillois est très différent.

La méthode à la mode durant cette campagne : aller à la rencontre des habitants pour leur demander ce qu'ils veulent changer à Lille. Illustration : E. Sakhi Momen / Mediacités

« Si vous pouviez réaliser l’idée de vos rêves pour la ville, ce serait quoi ? » ; « Quelles sont vos priorités pour Lille ? » ; « Quel projet permettrait de mieux vivre dans votre quartier ? ». Au dos d’un tract rose estampillé « Tout pour Lille avec Arnaud Deslandes », les Lillois sont invités à dérouler leurs attentes pour le prochain mandat. Ils peuvent retourner ce tract ou participer au questionnaire en ligne créé par l’équipe du maire‐candidat.

Alors que son mentor en politique, Martine Aubry, a régulièrement été critiquée par ses opposants pour sa gouvernance jugée trop verticale, Arnaud Deslandes a fait de l’écoute un des principaux axes de sa campagne. Mi‐janvier, dans son QG symboliquement installé rue Pierre Mauroy, il brandit un énorme carton rassemblant des dizaines et des dizaines de propositions d’habitantes et habitants. Toutes consignées sur de larges feuilles, elles sont issues des huit « ateliers du projet » organisés en fin d’année 2025. « Un moment magique et constructif », vante‐t‐il.

Pilotée par l’adjointe à la transition écologique Marion Gautier, cette série de réunions publiques a permis de réunir à chaque fois plus d’une cinquantaine de participants autour de thèmes « qui ne vont pas forcément ensemble de prime abord mais qui s’articulent en fait très bien » : « bien vieillir et faire la fête » ou « handicap et mobilités ». Le dernier atelier, dédié aux enfants, a réuni environ vingt‐cinq jeunes Lillois et Lilloises accompagnés de leur famille.
Une façon d’être « bousculés »
Dans tous les quartiers de la ville, Arnaud Deslandes a aussi installé sa « tonnelle du candidat », afin « d’aller au plus près des habitants qui ont parfois du mal à aller en réunion publique », résume sa première adjointe et directrice de campagne Charlotte Brun. Cette fois, il s’agit d’échanger autour du quartier et du quotidien. Fin novembre, l’équipe du maire‐candidat a choisi de poser son stand dans un micro‐square très peu passant de Fives, situé à l’angle des rues de Pologne et de Madagascar. Seule une douzaine d’habitants curieux ou mécontents pointeront le bout de leur nez.

Difficile pour Arnaud Deslandes d’échapper à son statut : plutôt que des propositions globales pour son programme, les passants le pressent surtout de régler leurs problèmes personnels, que le maire prend soin de consigner dans son petit carnet noir. Il est parfois pris à partie. Débarquant plein de colère, un habitant du quartier pointe les soucis de circulation liés aux rues …

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Publié le

Temps de lecture : 9 minutes

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Par Eden Sakhi Momen et Matthieu Slisse

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