« C’est simple, je n’y comprends rien ! », s’exclame une Lommoise, quand Mediacités lui demande quelles sont les compétences du maire de Lomme, du maire de Lille et de la Métropole européenne de Lille (MEL). A l’approche de l’élection municipale, cette électrice devra pourtant voter deux fois les 15 et 22 mars, une fois pour élire le maire de Lille et une fois pour élire celui de Lomme. Car depuis 2000, les deux communes ont procédé à ce qu’on appelle, une fusion‐association. Lille avait déjà conclu une procédure similaire avec la commune d’Hellemmes, en 1977.
Le terme juridique de « fusion‐association » est issu de la loi dite Marcellin, adoptée en 1971 – elle n’existe plus aujourd’hui – qui permet à deux communes de s’unir, tout en gardant une certaine autonomie. « C’est grâce à Lille qu’on a eu le métro ! », se réjouit un habitant d’Hellemmes, qui se souvient des débuts de ce montage original. En acceptant de s’unir avec Lille, les maires d’Hellemmes et de Lomme ont en effet perçu quelques avantages dans une corbeille de mariage bien garnie. Mais cette union est avant tout une aubaine pour Lille.
Reprenant une idée de son prédécesseur Augustin Laurent, Pierre Mauroy inclut dans son programme, en 1977, la fusion avec Ronchin, Hellemmes, Lezennes, Mons‐en‐Baroeul et Villeneuve d’Ascq. Avec l’ambition de faire passer la superficie de Lille de 2 150 à 6 268 hectares ! A l’époque, le maire socialiste, se rend compte que Lille et ses 120 000 habitants forment « une ville relativement modeste par rapport à la métropole, explique Thibault Tellier, enseignant‐chercheur en histoire à Sciences Po Rennes. Or, Lille n’a plus de périmètre foncier et se retrouve coincée en termes de développement urbain. Mauroy tente alors une offensive tous azimuts pour faire grossir la ville ».
Une association à visée électorale ?
Si Hellemmes est la seule commune à y consentir directement, Thibault Tellier bat en brèche les critiques régulières consistant à dire que cette association serait bâtie avant tout à des fins électoralistes, en tout cas au départ : « Au moment où Pierre Mauroy s’installe à la mairie, la majorité socialiste n’est pas menacée. Ce n’est que dans les années 1980, quand la gauche connaît au niveau national de grandes difficultés où il y voit aussi une opportunité, puisqu’on sait qu’Hellemmes, puis Lomme, sont des villes post‐ouvrières qui disposent …