On le dit littéralement « sonné », au point de laisser régner un grand « flou » sur son campus. Une chose est sûre : le président de l’Université de Nantes, Olivier Laboux, a passé une semaine particulièrement éprouvante. Et pour cause : en rejetant les statuts de la Nouvelle université à Nantes (NUN), mercredi 9 octobre, le conseil d’administration de Centrale Nantes a purement et simplement signé l’arrêt du projet qu’il portait depuis bientôt huit ans. Quatre années de négociations épiques et de travaux mobilisant plusieurs centaines de personnes, devaient aboutir le 1er janvier prochain à la création de Nantes Université, rassemblant la fac, Centrale mais également le CHU de Nantes et l’Inserm. Un projet dont Olivier Laboux n’envisageait pas l’échec, ne prévoyant aucun plan B, comme en témoignent les termes alambiqués des communiqués publiés mercredi dernier par les deux établissements. Tout comme le silence assourdissant auquel ils s’astreignent depuis.

[Mise à jour du 21 octobre : Depuis la parution de cet article, Olivier Laboux a pris la parole. Dans un message adressé au personnel de l'Université et envoyé le 18 octobre, il annonce son désir de créer coûte que coûte la Nouvelle Université nantaise. Sans Centrale, donc, mais avec l'Ecole nationale supérieure d'architecture (Ensa) et l'Ecole des Beaux-Arts de Nantes. Dans ce texte, que nous reproduisons à la fin de cet article, il s'en prend aussi vertement à la direction et au conseil d'administration de Centrale, dont « la responsabilité (...) est engagée ». Il regrette notamment sa « méconnaissance du projet » et déplore « la campagne de désinformation » ayant, selon lui, précédé le vote.  

« On aimerait que la présidence nous dise : "Centrale refuse ? Dont acte. Désormais on fait ça, ça ou ça" », s’alarme un directeur d’UFR. Mais rien. Depuis une semaine, les réunions de crise succèdent aux réunions de crise. « Le Président est toujours en échange avec les différents partenaires du projet, assure la direction de la communication de l’Université à Mediacités, tout en déclinant notre demande d’interview. Il prendra la parole très certainement cette semaine. D'ici là, il ne peut pas s'exprimer, n'ayant pas toutes les réponses pour le moment... » En attendant les siennes, voici déjà celles de Mediacités aux nombreuses questions qui se posent sur l’avenir de l’université nantaise . . .

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C'est parti !

Thibault Dumas
Franco-américain, je suis journaliste professionnel à Nantes depuis plus de dix ans, en radio puis en presse écrite, comme pigiste désormais. Je collabore avec Mediacités, édition nantaise, depuis la préparation de son lancement, en 2017. Je n'ai pas de spécialité en tant que telle mais j'enquête plutôt (seul ou en équipe) sur les montages fiscaux (Waldemar Kita, FC Nantes, Manitou, etc), la politique sous toutes ses formes, le social (Le Confluent, Centrale Nantes, Beaux-Arts de Nantes, etc) et un peu d'écologie (déchets, éoliennes de Nozay, etc). Pour me contacter : thibault.dumas@mediacites.fr.