SNCF : un train de réformes peut en cacher un autre

Quel avenir pour le réseau ferroviaire de proximité ? Eclipsée par la réforme du statut des cheminots et l’ouverture des trains à la concurrence, la question de la fermeture des « petites lignes » se pose pourtant avec de plus en plus d’acuité. De nombreux acteurs redoutent un désengagement de l'Etat. Non sans raisons.

train TER (2)
Un Train Express Régional (TER) en partance de la gare de Lyon Perrache. Dans la région AURA, dix “petites lignes” sont menacées parmi lesquelles Lyon – Roanne et Bourg-en-Bresse – Lyon. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Après la grève des cheminots, le gouvernement va-t-il devoir affronter la fronde des élus régionaux ? La réforme ferroviaire a beau ne pas concerner directement le devenir des « petites lignes », l’exécutif n’a pu échapper à un flot régulier de questions de députés relayant l’inquiétude entendue dans leurs circonscriptions lors de l’examen du texte, en avril, à l’Assemblée nationale. C’est le désormais fameux rapport Spinetta, du nom de l’ancien président d’Air France - KLM chargé de nourrir les réflexions du gouvernement sur le sujet, qui a mis le feu aux poudres.

Mobilisant une série d’arguments chiffrés, il y suggérait notamment de réexaminer l’utilité de 9000 kilomètres de voies ferrées du réseau de proximité (classées UIC 7 à 9 dans le jargon ferroviaire). Objectif : concentrer sur les axes les plus fréquentés les maigres crédits annuels affectés par l’État aux investissements ferroviaires, c’est-à-dire majoritairement dans et entre les grandes agglomérations. Pour les élus, la vision "purement comptable" de Jean-Cyril Spinetta occulte la question stratégique de l’aménagement du territoire dans les zones non-métropolitaines et rurales.                  

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Temps de lecture : 9 minutes

Par Camille Selosse