Il y a les bons élèves de la parité dans les conseils métropolitains : Montpellier, Lyon et Clermont-Ferrand, où la proportion de femmes dépasse 46 %. Et puis, il y a les mauvais : Aix-Marseille, Metz, Saint-Etienne, Rouen et Grenoble, où elle tombe au-dessous des 40 %. A la Métropole européenne de Lille (MEL), ce taux descend même à 35,1 %. Comment une telle inégalité est-elle possible alors qu’elle semble contredire la loi ? C’est clairement la faute aux petites communes.

Rendue obligatoire par la loi du 17 mai 2013, la parité hommes-femmes est respectée dans tous les conseils municipaux de France dès lors que la commune compte plus de 1 000 habitants. Le principe se vérifie beaucoup moins dans les 1 258 structures intercommunales, par définition plus peuplées, qui maillent le territoire hexagonal. D’après notre enquête portant sur les 21 métropoles de province, on dénombre seulement 999 conseillères sur 2 381 élus métropolitains. Soit à peine 42% du total.

L’explication tient aux poids des villes les plus petites dans les conseils intercommunaux. Comme elles ne disposent que d’un siège au sein de ces instances, elles n’envoient qu’un représentant qui est généralement le maire. Lequel se trouve, tout aussi généralement, être un homme. La règle de l’alternance homme-femme est respectée dès qu’une ville dispose d’au moins deux sièges. Seul bémol, elle ne permet pas d’assurer la parité si elle envoie un nombre impair de représentants.

Plus une métropole compte de petites communes à un seul délégué, plus les hommes sont donc nombreux au conseil. Cela se vérifie au sein de la métropole lilloise, une communauté pléthorique de 95 communes, dont 76 n’envoient qu’un seul délégué. Parmi ces 76 « petits » maires siégeant à la MEL, on dénombre 64 hommes et seulement 12 femmes ! Voilà comment le conseil métropolitain de la MEL se trouve être le plus macho de France. Juste devant celui d’Aix-Marseille. Celui-ci semble en apparence très comparable avec un total de 92 communes dont 78 n’ont droit qu’à un unique représentant. Mais le conseil marseillais compte 240 élus contre 188 à Lille. Le poids des petites villes y est donc moins fort.

A Lille, encore moins de vice-présidentes qu’avant

Le machisme de nos métropoles n’est toutefois pas seulement une affaire de mécanique démographique. Ces institutions auraient en effet la possibilité d’élire des exécutifs - composé d’un(e) président et de vice- président(e)s - tendant vers la parité. Or c’est loin d’être toujours le cas

Parmi les 15 conseils métropolitains déjà installés à l'heure de la publication de cet article, quatre se distinguent pour leur féminisation remarquable, supérieure ou quasi-égale à 50 %. A Montpellier, le nouveau président, Mickaël Delafosse (PS) s’appuiera sur 10 hommes et 10 femmes aux postes de vice-président(e). Même chose à Rouen où le nouveau maire de la ville, Nicolas Mayer-Rossignol (PS), présidera aussi la métropole. C’est encore un peu mieux à Lyon, où l’écologiste Bruno Bernard sera secondé par 12 vice-présidentes sur 23. Et c’est carrément disruptif à l’Eurométropole de Strasbourg, où la nouvelle présidente, Pia Imbs (sans étiquette), s’entoure de 12 femmes et seulement 8 hommes      

Ailleurs, dans les 11 autres métropoles ayant désigné leurs exécutifs, le nombre de vice-présidences accordées aux femmes est loin d'approcher la parité. On en compte une seule sur quinze à Toulon, où Hubert Falco (LR), réélu maire et président de Toulon Provence Métropole, remporte la palme de la mysoginie. Trois seulement à Marseille – mais la présidence est occupée par une femme, Martine Vassal. Quatre à Lille et à Saint-Etienne ; cinq à Brest, Metz et Nantes ; six à Clermont-Ferrand et à Nice ; sept à Rennes.

Outre son faible nombre de femmes conseillères métropolitaines, la MEL se fait donc aussi remarquer par un très faible nombre de vice-présidentes aux côtés de Damien Castelain, son président réélu. A peine quatre, c’est à dire une vice-présidente de moins que lors de la précédente mandature ! Entre-temps, cinq petites communes rurales ont intégré la métropole. Cherchez l’erreur...