Même si les questions du transport et de l'environnement s'imposent dans le débat, la sécurité n'est pas absente de la campagne électorale. Outre la vidéosurveillance [lire notre grande enquête à ce sujet], certains candidats surenchérissent sur la police municipale. Le candidat du Rassemblement national Quentin Lamotte souhaite ainsi recruter 120 policiers supplémentaires pour renforcer les 375 agents actuellement sur le terrain.

D'après les données statistiques diffusées chaque année par le ministère de l’Intérieur, la Ville rose paraît pourtant bien dotée en la matière. Avec un ratio de 6,9 policiers municipaux pour 10 000 habitants, Toulouse dépasse le ratio national moyen d’environ cinq policiers municipaux pour 10 000 habitants.

82 polices municipales en Haute-Garonne

On compte 82 polices municipales et deux polices intercommunales dans le département, où 20 structures comptent plus de cinq agents. Mais seulement quatre en emploient plus de 10 (Toulouse, Blagnac, Colomiers et Muret). Toulouse détient bien sûr la palme en valeur absolue, avec 330 policiers municipaux en poste en 2018, et ce sans compter les 44 agents de surveillance de la voie publique, chargés de contrôler le stationnement.

Mais pour analyser correctement ces données relatives aux polices municipales, il faut les rapporter à la population des communes. Dans les communes de plus de 5 000 habitants, c’est alors Castelginest qui l’emporte, devant Blagnac, Portet, Carbonne, Toulouse et Saint-Jory.

Depuis qu’il a conquis la petite ville de Castelginest, en 1995, Grégoire Carneiro, ancien député RPR, a toujours mis l’accent sur la sécurité de ses concitoyens. Les efforts de ce ténor de la droite locale pour constituer une police municipale solide (9 agents en 2018) sont donc quelque part récompensés par la première place de sa commune dans notre classement. Comme le sont ceux déployés par Jean-Luc Moudenc pour renforcer la police municipale toulousaine, une de ses promesses fortes de la campagne de 2014.

De 150 policiers municipaux à la fin du mandat de Pierre Cohen, on est passé à 330 agents en 2018 (et même 375 aujourd’hui). La délinquance n’a pas forcément diminué depuis six ans dans la ville rose mais les uniformes bleus se sont effectivement multipliés, plaçant Toulouse au 5e rang des 46 villes de plus de 5 000 habitants du département.

Notre classement permet de mesurer les efforts des différentes municipalités de l’agglomération (cf tableau ci-dessous). Outre Castelginest, deux villes dirigées par des maires de gauche, Blagnac et Portet, se révèlent en pointe dans le domaine de la sécurité. On notera aussi que cinq communes situées au nord de Toulouse figurent parmi les 10 premières du classement (Castelginest mais aussi Saint-Jory, Castelnau-d'Estrétefonds, Aucamville et Fenouillet). Peut-être un effet tâche d’huile des efforts de Grégoire Carneiro auprès de ses proches voisins…

Du coup, les effectifs des polices municipales paraissent plus modestes dans de grandes communes de l’agglomération, comme Muret ou Saint-Orens, alors qu’elles présentent un ratio de plus de cinq agents pour 10 000 habitants, supérieur à la moyenne nationale. Ce qui n’est plus le cas dans les autres grandes communes. Castanet-Tolosan, L’Union, Fonsorbes, Balma, Colomiers, Saint-Jean et Cugnaux affichent toutes un ratio très raisonnable, de trois à 4,5 policiers pour 10 000 habitants.

Les 10 dernières communes du classement descendent même au-dessous des trois agents pour 10 000 habitants, ce qui est peu pour des communes péri-urbaines. La plupart sont de vieilles municipalités de gauche, où les élus ont manifestement refusé de suivre la tendance à l’inflation des effectifs policiers municipaux. C’est le cas à Tournefeuille, à Plaisance-du-Touch ou à Ramonville-Saint-Agne. Mais on trouve aussi, dans le bas du classement, deux municipalités de droite, Pibrac (2,2 agents pour 10 000 habitants) et Léguevin (seulement 1,1), preuve qu’elles n’ont pas toutes cédé à la tentation de gonfler les effectifs policiers. Les prochaines municipales leur diront à tous s’ils ont eu raison de résister aux sirènes sécuritaires.

Cet article concerne la promesse :
« Doubler les patrouilles de la police municipale (soit 2 par jour par secteur) »
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