Victorieuse au soir du premier tour, la liste menée par Carole Delga ne signera pas d'accord avec celle d'Antoine Maurice. La présidente sortante du conseil régional d'Occitanie a annoncé en fin d'après-midi ce lundi que les discussions n'avaient « pas trouvé d'issue favorable », ni sur le nombre de conseillers régionaux pour EELV, ni sur la gouvernance. Il n'y aura donc plus d'élus écologistes dans l'hémicycle occitan, à l'issue du second tour, dimanche 27 juin.

« Nous leur avons proposé huit places et une vice-présidence. Ils en réclamaient 18, a-t-elle précisé. Antoine Maurice m'a demandé s'il s'agissait d'un accord technique. Mais ce n'est pas possible. On ne donne pas de places s'ils ne s'engagent pas à voter le budget. On ne donne pas de places pour créer une opposition. » Pour la socialiste, les dés étaient jetés depuis la mi-journée, car « il fallait arriver à un accord au plus tard à midi, pour envoyer les professions de foi avant 15 heures aux imprimeurs ».

Manifestement, les écologistes n'étaient pas au courant de ce détail. Dans une brève allocution à la presse, lundi vers 15h30, Antoine Maurice tendait encore une main désespérée à Carole Delga, affirmant que « la porte rest(ait) ouverte » et que sa liste était prête « à accepter qu’elle maintienne ce que nous pensons être des grands projets inutiles comme l’autoroute Toulouse - Castres, ou encore qu’elle veuille maintenir les petits aéroports qui ne servent qu’à quelques privilégiés ». 

« Ils refusaient d'entendre le rapport de force »

En off, des membres de son équipe de campagne décrivent une négociation « dure » et tancent le « mépris » et les « mensonges » de leurs alter ego socialistes. « Vous m'apprenez que Carole Delga a mis fin aux négociations », assurait même en fin de journée l'une d'entre eux, promettant de grandes explications, mardi, lors d'une conférence de presse . De leur côté, les négociateurs socialistes et communistes estiment que les écologistes « ne voulaient pas d'un accord » et rejettent les accusations. « Ils refusaient d'entendre le rapport de force issu du résultat, raconte l'un d'eux. On se croyait en 2015 quand Delga était à 24 et Onesta à tout juste 10 %. Or, là, ce n'est pas du tout la même situation. Carole est à 40 % et eux à 8. » Fermez le ban. 

La candidate socialiste estime de toute façon ne rien devoir aux écologistes. « Nous sommes la gauche écologiste et citoyenne, répète-t-elle. Notre programme répond aux enjeux de la transition écologiste. » Bien que le match s'annonce plié, la candidate socialiste et ses colistiers n'entendent pas économiser leurs efforts dans la dernière ligne droite. Porte-à-porte, tractage sur les marchés et rencontres dans les entreprises et les associations sont prévus cette semaine pour tenter de faire baisser le taux d'abstention. En 2015, Carole Delga avait réuni plus d'un million de voix au second tour. Il lui faudrait 400 000 votes supplémentaires pour égaler son record dimanche prochain.