«Irrespectueuse » : cinglant, le patron du Grand Lyon David Kimelfeld a décliné, ce 10 juillet, la proposition pour le moins baroque du maire Gérard Collomb de se partager – trois années pour moi, trois années pour toi – le prochain mandat de président de la Métropole. C'est la dernière passe d'armes de ce qui est devenu un véritable feuilleton. Depuis le retour, à l'automne 2018, du baron « Gégé » dans sa bonne ville de Lyon, la rivalité avec celui qui fut son dauphin, « Kim », s'est muée en guerre ouverte et sans merci à mesure qu'approche l'élection métropolitaine de mars 2020 (elle se tiendra en même temps que les municipales). Résumée ainsi, la politique lyonnaise ressemble à une série américaine, quelque part entre Game of Thrones et House of Cards. Pas faux ! La preuve avec cette compilation des épisodes du duel, publiés au fil des semaines dans L'Oeil de Mediacités Lyon.  

Bidule_carre_512px16 janvier – Les vœux pieux de David Kimelfeld

Il cherche la clef, celle qui lui permettrait de déverrouiller le système Collomb, bâti en partie sur les “petits maires” de l’ouest-lyonnais (lire notre article à ce sujet). Après avoir été empêché de prendre la parole par Gérard Collomb la semaine dernière lors des vœux au 6e arrondissement, comme le relate Tribune de Lyon, le président de la Métropole David Kimelfeld est allé samedi souhaiter la bonne année aux habitants de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. Un choix tout sauf anecdotique : il s’agit de la commune de Marc Grivel, vice-président de la Métropole et patron du groupe Synergies-Avenir au Grand Lyon (30 conseillers sur 165).

Depuis quelques mois, les deux hommes mettent en scène leur rapprochement, avec à l’esprit une possible candidature de David Kimelfeld en 2020. Certains élus Synergies ne pardonnent pas à Gérard Collomb sa promesse non tenue d’une réforme du mode de scrutin pour la prochaine élection métropolitaine. Le dispositif actuel affaiblirait considérablement la représentation des petites communes, regroupées par secteurs. David Kimelfeld s’est empressé d’aller dans leur sens, même si le président de la Métropole n’a aucune influence sur le mode de scrutin, fixé par la loi. Mais qui a dit que les bonnes résolutions devaient être tenues ?


Bidule_carre_512px23 janvier – David Kimelfeld candidat à la Métropole en 2020

« Oui, je serai bien sûr candidat. » David Kimelfeld a officialisé mardi ce que tout le monde savait déjà : son envie de garder la tête du Grand Lyon après les élections locales de 2020. Depuis plusieurs semaines, le président de la Métropole, qui a succédé à Gérard Collomb lors de son départ au ministère de l’Intérieur en 2017 - sans lui rendre son trône à son retour -, ne cachait plus ses ambitions. Pour mettre fin au secret de polichinelle, « Kim » n’a pas choisi les pages du Progrès mais le Talk Politique, une émission vidéo du Figaro animé par le journaliste conservateur Yves Thréard. Tout sauf un hasard pour l’élu de centre-gauche, qui veut ratisser large - y compris à droite - lors des élections de l’année prochaine.

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David Kimelfeld et le journaliste Yves Thréard, sur le plateau du Talk du Figaro. Capture Figaro.fr.

Dans le détail, le patron de la Métropole ne sera donc pas candidat à la ville de Lyon, ni tête de liste dans le 4e arrondissement, dont il est maire depuis 2011. « Je vais rester président de cette métropole jusqu’à la fin et je vais porter un projet au-delà de 2020. J’en ai envie. Je ne le ferai pas seul, mais collectivement pour répondre aux grands enjeux de cette métropole : être attractif et répondre aux enjeux sociaux et écologiques », a-t-il fait savoir.

Voilà pour le plan de bataille. Reste à savoir avec quelles troupes il compte la mener. Avec « une majorité la plus large possible », qui rassemblerait « des socialistes, des écologistes, des centristes », promet l’ancien secrétaire fédéral du PS du Rhône, passé à La République en marche. Du vrai Gérard Collomb dans le texte, pour un élu qui mène pourtant une guerre de tranchée face au maire de Lyon. Ce dernier, qui a annoncé cet automne qu’il sera « candidat à Lyon » en 2020, n’a pas encore dit s’il optait pour la Métropole ou la Ville.

En déclarant sa candidature dès aujourd’hui, David Kimelfeld entend donc forcer « Gégé » à jouer cartes sur table. Au risque de compromettre le « rassemblement » qu’il appelle de ses vœux ? L’intéressé balaie la critique : « Les gens n'ont que faire de nos querelles intestines, de nos querelles de partis, de nos querelles de personnes. Ils veulent du concret. »

Du concret, comprendre : draguer ouvertement les frondeurs En Marche (lire notre article détaillant les dissensions internes à LREM), des clins d’œil appuyés aux socialistes locaux et la recherche de soutiens auprès des élus Synergies, les petits maires centristes de l’Ouest-lyonnais. Des groupes hétéroclites, que David Kimelfeld entend bien faire cohabiter : « Ce n’est pas ou les socialistes ou Gérard Collomb », prévient-il. Promis, il soutiendra bien sûr le baron lyonnais « s’il souhaite être candidat à la mairie de Lyon », c’est-à-dire pas face à lui. Avant de préciser : « Mais la question ne se pose pas à 15 mois des élections ». Pour David Kimelfeld en revanche, le compte à rebours est bien lancé.
 

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13 février – La bataille des soutiens

Rien ne va plus entre l’élève et le maître. Mais le premier (David Kimelfeld) a retenu une leçon du second (Gérard Collomb) : s’attirer les faveurs du monde économique n’est jamais superflu pour préparer les échéances électorales. Le président de la Métropole, qui aspire à le rester après 2020, a reçu, la semaine dernière, le soutien d’un groupe de onze chefs d’entreprise lyonnaises. Onze femmes, emmenées par la dirigeante de Tipi Formation (conseil en management) Claire Saddy, par ailleurs élue du 7earrondissement. 

« Le maire de Lyon [Gérard Collomb, donc] a vraiment fait de l’excellent travail. Mais je ne me reconnais plus forcément dans ses discours, ses prises de position. Je crois davantage dans les thématiques portées par David Kimelfeld, comme la prise en compte de l’écologie ou l’attention aux plus fragiles », détaille-t-elle dans La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes (ex-Acteurs de l’économie) qui a rendu publiques l’initiative et la liste des onze. Ces femmes saluent aussi « le parcours entrepreneurial » du patron du Grand Lyon (il a cofondé une entreprise de fret maritime et aérien). Quelque chose nous dit qu’on n’a pas fini d’entendre cet argument parmi les soutiens de « Kim », face à l’ancien professeur de lettres classiques Gérard Collomb…

Pendant ce temps, le maire de Lyon compte lui aussi ses soutiens et, comme l’écrit Tribune de Lyon dans son dernier numéro, chasse de nouveaux « talents qu’il compte bien faire figurer sur ses listes ». Pêle-mêle, on y retrouve un entrepreneur (Brice Bousta), une psychologue (Souad Cousinier-Lazaar) ou encore un avocat associé de Fiducial Legal by Lamy (Ludovic Midol-Monnet). Entre le baron et le dauphin émancipé, la bataille du name-dropping ne fait que commencer…


Bidule_carre_512px20 février – Un baron critiqué mais toujours craint 

Certains prédisent sa chute, inéluctable. D’autres parient sur sa réélection, indubitable. Quoi qu’il se passe jusqu’aux élections municipales et métropolitaine de l’an prochain, Gérard Collomb cristallise toutes les conjectures, fait couler salive et encre. Ces derniers jours, deux titres de la presse nationale se sont penchés sur le cas du baron en lice pour un quatrième mandat. De la place Beauvau à celle de la Comédie, où se trouve l’hôtel de ville de Lyon, La Tribune revient en « cinq actes » sur le retour chaotique « de l’enfant prodigue », comme l’édile de 71 ans s’est qualifié lui-même. Entre l’épouse Caroline Collomb qualifiée de « talon d’Achille » et « la tâche indélébile » de sa démission du gouvernement, le constat est âcre. Il repose, précise l’auteur, sur les avis d’une quarantaine d’universitaires, de dirigeants d’entreprises ou d’élus. Mais signe révélateur, aucun de ces « décideurs » n’assume publiquement ses propos. Peur d’injurier l’avenir. Jugée « pathétique » ou « consternante », la réélection du patron vieillissant n’en reste pas mois crédible.

Le Monde de ce mardi consacre une pleine page aux « encombrants époux Collomb ». L’article mentionne les crispations que provoque Caroline Collomb à la tête de La République en Marche dans le Rhône [(re)lire à ce propos notre enquête publiée en octobre 2018]. Il égrène surtout les vacheries des uns et des autres. A propos de Caroline Collomb ? « Elle est l’âme damnée de Collomb. Elle lui désigne qui tuer », dénigre l’ancien ministre Thierry Braillard. Une « chargée de clientèle », cingle l’ancienne amie Najat Vallaud-Belkacem. Même le si prudent David Kimelfeld y va de sa phrase assassine à propos de son ancien mentor qu’il a décidé de défier pour la présidence du Grand Lyon : « Il a suffi d’un an pour que chacun constate que l’on pouvait vivre sans lui ».

Gérard Collomb pourra toujours se consoler en consultant les chiffres du dernier sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio et Paris Match. Le maire de Lyon se classe 7e personnalité politique préférée des Français avec 44% d’opinions positives. Un résultat qui a donné lieu à un échange aigre-doux comme seul Twitter en a le secret. A Jérôme Payen, petite main du clan Collomb au sein de LREM, qui relayait le sondage, Yves Botton, animateur frondeur d’un comité de marcheurs du 4e arrondissement, répond : « “Je suis le Deng Xiao Ping lyonnais” ». Une référence au maître de Pékin, agrippé au pouvoir jusqu’à ses 88 ans. Comment dit-on « chaude ambiance » en chinois ?


Bidule_carre_512px27 mars – Collomb (Gérard), seigneur de « l’Anneau »

« Essentiel » et « acté » : la semaine dernière, à l’occasion du conseil métropolitain du Grand Lyon, Gérard Collomb s’est posé en gardien du projet de périphérique ouest, baptisé – miracle de la communication – « Anneau des sciences ». Une mise au point en guise de réponse au président de la Métropole. David Kimelfeld a laissé entendre qu’il faudra repenser la future infrastructure : le projet « n’aura de sens que si l’on pousse les modes de déplacements alternatifs (…) et qu’on tienne compte de l’urgence climatique ». Difficile pour l’ancien dauphin de Gérard Collomb, candidat déclaré à l'élection métropolitaine de l’an prochain, de ne pas émettre des réserves sur ce périph’ qui braque les écologistes. Pour creuser la différence avec son ex-mentor, David Kimelfeld entend jouer la carte du défenseur de l’environnement.

Reste que la passe d’armes entre les alliés d’hier – « le clash », titrait carrément Le Progrès – a  fait les délices de l’opposition. « Spectacle déplorable », « conseil métropolitain phagocyté par leur guerre politique intestine » : pour les élus Les Républicains du Grand Lyon, « les oppositions de principe systématiques entre David Kimelfeld et Gérard Collomb créent désormais un vrai risque pour le fonctionnement de notre collectivité et l’avenir des habitants ». Rien de moins !

On peut aussi rappeler que cet « Anneau des sciences », dont le coût est estimé à environ 3 milliards d’euros, est à l’étude depuis 2010 (mais il en est question depuis plus longtemps encore sous le nom de « TOP » pour « Tronçon ouest périphérique »), qu’il a fait l’objet d’un débat public entre novembre 2012 et avril 2013, que l’enquête publique n’est pas attendue avant 2020 et que le bitume est annoncé à l’horizon 2030. Bref, un serpent de mer. Il n’en reste pas moins un marqueur politique bien actuel. Comme en écho au « clash », David Kimelfeld, chaque jour un peu plus en campagne, ironisait lors d’une rencontre publique ce dimanche 24 mars : « Mes amis écologistes trouvent que je ne vais pas assez vite, mes autres amis que je suis trop écologiste. En fait, je me fais engueuler toute la journée (…). » Habile.


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27 mars – Collomb (Caroline), la faute à Benalla

La référente LREM du Rhône Caroline Collomb fuit tellement la presse que la moindre de ses prises de parole passe pour un événement. Hier, nos confrères de La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes ont ainsi publié un droit de réponse de l’épouse du maire de Lyon suite à la publication d’un de leurs articles intitulé « Caroline Collomb, talon d’Achille de Gérard ». Au-delà des reproches formulées au journal par l’intéressée, un passage a retenu notre attention. « Je précise que Gérard Collomb a fait le choix de démissionner du gouvernement pour des raisons politiques qui lui appartiennent, notamment suite à l’affaire Benalla », écrit Caroline Collomb. On savait que ladite affaire avait perturbé les relations entre Emmanuel Macron et son ancien ministre de l’Intérieur, auditionné à l’époque par le Sénat. On sait maintenant qu’elle a vraiment pesé dans sa décision de claquer la porte en septembre dernier.


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2 avril – Kimelfeld : « la main tendue » de Gérard Collomb

Pendant que David Kimelfeld affronte la colère des éboueurs, Gérard Collomb lui « tend la main ». Invité ce mardi 2 avril par son vieux camarade et ancien témoin de mariage Gérard Angel sur Lyon Mag et Jazz Radio, le maire de Lyon, interrogé sur ses mauvaises relations avec son ex-dauphin, a d’abord joué les ingénus : « Ah bon, ai-je l’air contracté (sic) par ces relations avec Monsieur Kimelfeld ? » Avant, matois, de proposer un deal pour les élections locales de 2020 : à lui la Métropole, à l’actuel président du Grand Lyon, l’hôtel-de-ville de Lyon.

« C’est une main tendue », a confirmé dans un rire nerveux Gérard Collomb. « Nous trouverons un accord, j’en suis certain », a-t-il encore ajouté. Avant, quelques instants plus tard, de glisser une vacherie au sujet du mouvement des éboueurs : « J’appelle le président de la Métropole à tout faire pour que cette grève puisse cesser. Moi, j’ai connu ça dans le passé et on avait réussi à résoudre les problèmes. » Quand la main tendue vire au (petit) camouflet.

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Gérard Angel et Gérard Collomb. Capture Lyonmag.com


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9 avril – La leçon d’Antiquité de Gérard Collomb 

AnabaseLe mot est l’une des « perles » lâchées par Gérard Collomb dans l’interview de quatre pages qu’il a accordée au Point la semaine dernière. « Je n’ai jamais peur de mener des combats, sinon j’aurais continué dans la littérature, comme lorsque j’étais jeune homme et que je rêvais d’écrire des textes aussi beaux que ceux de Saint-John Perse, tel “Anabase” », réplique l’ancien agrégé de lettres classiques quand le magazine l’interroge sur la « peur du mandat de trop ». La référence est loin d’être anodine. Elle peut s’entendre comme un message subliminal adressé à son félon de successeur David Kimelfeld, qui refuse de lui rendre « sa » Métropole. Car l’Anabase, c’est aussi une mythologique expédition contée par le philosophe de la Grèce antique Xénophon. Elle met en scène Cyrus le Jeune qui lève une armée de 10 000 mercenaires pour renverser du trône de Perse le roi Artaxerxès II. Mais l’ancien résiste au cadet, obligé de battre en retraite. A bon entendeur…

Le reste de l’interview est à l’avenant. Papy flingue. Son ex-dauphin David Kimelfeld est-il un fils prodigue ? « Un fils, sans doute. Prodigue, je ne sais pas (…) J’ai eu beaucoup de peine à le faire élire. » Papy menace. Les critiques contre son épouse Caroline Collomb, référente LREM ? Ceux qui l’attaquent « craignent de le faire, car ils savent qu’il peut y avoir de la riposte ». Papy l’avait bien dit. Les gilets jaunes ? « Bien avant, j’avais alerté. » « Je fais de la politique depuis quarante ans », rappelle le maire de Lyon qui fêtera cette année ses 72 ans. Artaxerxès II, lui aussi, battit des records de longévité à la tête de Persepolis. Son règne s’acheva dans le chaos, terni par une violente guerre de succession.


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9 avril – David Kimelfeld : ils partirent 300… 

Il n’était pas 10 000, mais 300. Cyrus le Jeune… pardon, David Kimelfeld réunissait ce samedi 6 avril ses soutiens au théâtre Comédie Odéon, sur la presqu’île. Un véritable lancement de campagne pour le président du Grand Lyon qui compte conserver son poste à l’issue des premières élections métropolitaines au suffrage direct en 2020. N’en déplaise à Gérard Collomb…

Sur scène, le candidat a fait entendre sa petite musique, celle d’une collectivité qui rayonne mais qui doit être attentive aux plus fragiles. « Nous devons nous interroger sur les conséquences de notre attractivité. La métropole concentre les richesses et les emplois, mais elle peut être source de difficultés pour certains », a-t-il dit, selon les propos rapportés par le site de Lyon Capitale. Un « en même temps » qui lui permet de marquer sa différence avec son ex-mentor : « Mon prédécesseur s’est beaucoup occupé de Lyon et de la métropole. Maintenant, je veux m’occuper des habitants. »

Dans la salle, les députés “kimistes” Jean-Louis Touraine, Anne Brugnera et Thomas Rudigoz, la chef d’entreprise Patricia Gros-Micol, élue de la CCI et présidente de l’association de campagne « Nous sommes la Métropole » créée le 5 février, ou encore Jimmy Brumant, ex-référent départemental des Jeunes avec Macron qui a bruyamment claqué la porte il y a quelques semaines. Une démonstration de force et une manière de répondre à « la main tendue » de Gérard Collomb [lire plus haut].  


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16 avril – Un Collomb s’accroche, l’autre s’en va 

Elections LyonA défaut d’être une surprise, c’est officiel. Le maire de Lyon Gérard Collomb souhaite reconquérir, l’an prochain, la présidence de la Métropole. « Oui, je serai candidat », a-t-il annoncé dans Le Progrès de ce dimanche. Fin du faux suspens, donc, et suite des hostilités entre le baron et son ancien dauphin David Kimelfeld, actuel occupant du poste et bien décidé à le rester. Matois, Gérard Collomb continue de tendre la main à son rival : « J’ai vu par le passé beaucoup d’élus qui n’étaient pas en accord avec mes positions et qui, in fine, s’y sont ralliés. »

Sur les dossiers, aucune annonce. Collomb fait du Collomb en ressortant les grands projets – gare souterraine à la Part-Dieu pour répondre au « nœud ferroviaire », périph’ ouest (baptisé « Anneau des Sciences »), Lyon-Turin… Et sur le plan environnemental, il se montre toujours aussi timoré. Piétonniser la Presqu’île ? C’est non. La carte de Greenpeace sur la pollution dans les écoles et les crèches, que nous reproduisions dans l’Œil de la semaine dernière ? « Je ne suis pas sûr que Lyon soit le plus en retard. »      

Pendant ce temps-là, on apprenait vendredi dernier que l’épouse du maire de Lyon, Caroline Collomb, était suspendue de sa fonction de référente départementale de La République en marche (LREM). Officiellement, pendant la campagne des élections européennes, cette fonction n’est pas compatible avec le devoir de réserve qu’elle doit observer en tant que juge du tribunal administratif de Paris. C’est peu dire que la nouvelle a été accueillie avec soulagement dans les rangs des « marcheurs ». Depuis sa nomination, en octobre 2017, l’ex-patronne du mouvement dans le Rhône avait braqué de nombreux militants et un certain nombre de députés par ses méthodes jugées « autoritaires ».

Annoncé pour le 27 mai (au lendemain du scrutin), son retour est soudain devenu beaucoup plus hypothétique depuis dimanche. « Elle reviendra si nos amis le souhaitent…, a commenté son maire de mari dans Le Progrès, sans préciser à quelles personnes il faisait allusion. Elle n’est pas arc-boutée à cette fonction contrairement aux idées qu’on veut faire circuler. »


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30 avril – 2020 : Gérard Collomb s’y voit déjà 

Comprenne qui pourra… On avait retenu que Gérard Collomb serait candidat, l’an prochain, à la présidence de la Métropole, comme il l’a annoncé dans Le Progrèsle 14 avril dernier. Et puis boum ! Ce lundi, le baron se remet en lice pour garder l’hôtel de ville. Pour mémoire, un seul et même élu ne pourra plus cumuler les deux fonctions – maire de Lyon et président du Grand Lyon – après les élections locales de 2020. Au détour d’une conférence de presse sur le compte administratif 2018, Gérard Collomb glisse que « grâce à la très bonne santé financière de la ville de Lyon, je suis en mesure d’annoncer au Lyonnais que je n’augmenterai pas les impôts lors du prochain mandat » [voir son tweet ci-dessous].

C’est une habitude depuis 18 ans, l’élu relève sensiblement les taux d’imposition en début de mandature : +5% après son élection en 2001, +6% après sa réélection en 2008 et enfin +5% après celle de 2014. Cette méthode présente deux avantages : dégager des marges de manœuvre dès le début du mandat et être oubliée six ans plus tard quand les électeurs retournent aux urnes. Cette fois-ci, selon Gérard Collomb, la bonne capacité de désendettement de la commune permettrait à la majorité actuelle (si elle est reconduite) de se passer de la hausse habituelle. Elle n’aurait concerné assez vite que la taxe foncière sur le bâti et le non-bâti, le gouvernement s’étant engagé à supprimer la taxe d’habitation pour tous les ménages en 2022 au plus tard.

Reste que la déclaration de l’ancien ministre de l’Intérieur ressemble fort à une première promesse de campagne. « Appelez cela comme vous voulez », a-t-il commenté. Et que l’emploi du futur – « Je n’augmenterai pas les impôts » – laisse songeur. Pour mémoire (bis), ce sont les Lyonnais qui choisiront qui sera leur maire pour le prochain mandat…  


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14 mai – Le duel Collomb-Kimelfeld fait étape au Grand Trou

Engagement tenu. Vendredi dernier, le président de la Métropole David Kimelfeld a installé « le comité de pilotage » dédié au Grand Trou. En mars dernier, nous avions consacré une enquête au long cours à ce quartier du 8e arrondissement de Lyon, situé route de Vienne. Rongé par le trafic de drogues, le Grand Trou était alors sous le choc de l’incendie criminel d’un commerce. Lors d’une réunion publique houleuse, David Kimelfeld avait promis la mise en place d’une instance rassemblant les élus et les acteurs du Grand Trou (comité de quartier, associations de parents d’élèves, de commerçants, conseil citoyen de Moulin à Vent, le gestionnaire de la maison des associations Rézo 1901, etc.). Objectif : coordonner des actions tous azimuts – urbanisme, sécurité, animation…

Le patron du Grand Lyon était accompagné de plusieurs responsables de ses services et du vice-président chargé de l’urbanisme Michel Le Faou. Participaient également à la réunion le député LREM Thomas Rudigoz, le premier adjoint au maire du 8e arrondissement Christophe Cohade et, pour la ville de Lyon, Jean-Yves Sécheresse. Reste à transformer les bonnes intentions en actes. Des groupes de travail par thématique doivent se réunir prochainement avant un prochain comité d’ici à deux mois. « On est content de voir que ça bouge et que la Métropole joue un rôle moteur », commente Thomas Faurobert, président du conseil de quartier.

Il manquait à cette brochette d’élus le maire de Lyon ? Oui et non, Gérard Collomb a effectué sa petite visite surprise du Grand Trou dans la matinée même du vendredi. Un tour chez les commerçants, quelques mains serrées à la sortie de l’école et la promesse d’installer cinq ou six nouvelles caméras de vidéosurveillance dans le quartier. Une manière de griller la politesse à son ancien dauphin et désormais rival David Kimelfeld…


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14 mai – Quand Collomb boude… 

PictoVous reprendrez bien un peu de Gérard Collomb ? Jeudi 9 mai, le maire de Lyon a provoqué l’un de ces psychodrames dont il a le secret. A la dernière minute, il a annulé sa participation à un meeting de La République en marche (LREM) organisé à la Confluence dans le cadre de la campagne des élections européennes, et en présence de la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Quelle mouche l’a piqué ? Le baron exigeait que ni David Kimelfeld ni le député Thomas Rudigoz (ex-collombiste devenu kimiste) ne prennent la parole et qu’il soit le seul élu lyonnais à le faire, selon un membre de LREM, cité par l’AFP. Dans Le Progrès, l’édile s’est épanché à propos du parlementaire et d’un ancien collaborateur (Stéphane Chassignol) rallié au clan Kimelfeld : « Ce n’est pas le genre de personnes avec qui je veux faire des meetings ». En politique madré, l’ex-ministre de l’Intérieur a pris soin de diffuser pendant la réunion un communiqué, selon lequel il « étai[t] prêt à répondre favorablement dès lors que les modalités d’organisation étaient définies en commun ». Timing parfait pour définitivement gâcher la fête de ses « amis ».

Post-scriptum : Nouvelle passe d’armes, ce lundi, en conseil métropolitain entre le baron et son ex-dauphin. Gérard Collomb s’est ému du limogeage de Nicole Sibeud, directrice générale adjointe du Grand Lyon, dans la maison depuis de longues années. « Si l’on ne respecte plus l’ensemble de l’administration, c’est le début de la fin pour notre métropole », a cinglé le maire de Lyon. Réponse du berger à la bergère lors d’un point presse. « Je n’ai pas de leçon de management à recevoir, je sais diriger des équipes, a répliqué un David Kimelfeld passablement agacé, en sortant sa casquette d’ancien chef d’entreprise. Cette Métropole ne repose pas sur une seule personne, sinon on le saurait depuis longtemps. » De bonne guerre, l’opposition se délecte de ces bisbilles. « Après avoir éliminé les pro-Collomb du cabinet [Arabelle Chambre-Foa, Jérôme Payen], Kim fait le ménage dans les services », ironisait un membre du groupe LR.               


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21 mai – Gérard Collomb, entre Japon et 2020

Il était moins une. Ce lundi 20 mai en milieu d’après-midi, Gérard Collomb a fait voter en conseil municipal une délibération l’autorisant à décoller pour le Japon… le soir même ! Le maire de Lyon est parti pour cinq jours en Extrême-Orient, entouré de son Premier adjoint Georges Képénékian, de son adjoint aux grands événements Yann Cucherat, de l’élue déléguée au commerce Fouziya Bouzerda et de celle aux relations internationales Karine Dognin-Sauze. Au programme : « Consolider les investissements et projets japonais à Lyon » et célébrer le 60e anniversaire du jumelage de la ville avec Yokohama. Ardoise de la mission : 70 000 euros.  

Surprise, quelques heures avant de monter dans l’avion : les équipes du maire de Lyon ont mis en ligne son site de campagne « Prendre un temps d’avance ». Loin des yeux des Lyonnais, mais pas du cœur donc. Sur la page d’accueil, Gérard Collomb confirme dans un petit mot que c’est bien la Métropole qui est avant tout dans son viseur. Il appelle aussi les internautes à le rejoindre. Et même à candidater ! Vous souhaitez participer aux élections municipales et/ou métropolitaines sur les listes du baron ? Envoyez-lui votre CV ! Prendreuntempsdavance.fr ne précise pas comment sera effectuée la sélection… Enfin, détail qui n’en est pas vraiment un : dans la biographie du candidat, pas un mot sur son passage au ministère de l’Intérieur. Pas un seul. Cachez ce passé de numéro 2 d’un gouvernement devenu impopulaire que je ne saurais voir ?


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4 juin – Kim versus Collomb : concours photos

Nous vous avons raconté, la semaine dernière, comment le duel entre David Kimelfeld et Gérard Collomb – tous deux prétendants au trône du Grand Lyon pour après 2020 – passait aussi par les réseaux sociaux [lire notre enquête « David Kimelfeld, main basse sur la Collombie »]. En matière de communication électoraliste, ces derniers jours ont fourni quelques morceaux d’anthologie… Côté Kim, une visite à la SPA de Lyon, le 29 mai, donne lieu à un cliché diffusé sur Twitter, émoticônes à l’appui, à faire craquer tous les amateurs de toutous : le président de la Métropole effleurant le museau d’un chiot à travers des barreaux. Après tout, le Parti animaliste n’a-t-il pas récolté presqu’autant de voix aux élections européennes que les communistes ou que les centristes de l’UDI ?

Ce dimanche 2 juin, place à la Convergence vélo. L’occasion pour un patron du Grand Lyon en goguette et en campagne d’enfourcher sa bicyclette sous le cagnard et les objectifs des réseaux sociaux, de s’essayer au triporteur ou encore de poser aux côtés d’un chien à paillettes bleues. Définitivement cabot, Kim ?

Côté « Gégé », le week-end fut mis à profit pour faire une virée au « #closingday » des Nuits Sonores. Et une photo, très commentée, près des platines avec DJs.

Résultat des courses ? Le maire de Lyon sans cravate entouré de trois femmes au moins deux fois plus jeunes que lui provoque sept fois plus de retweets qu’un président qui caresse des chiens. Si on ne peut même plus compter sur les animaux…           


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11 juin – La semaine noire de Gérard Collomb

Sale semaine pour le maire de Lyon, qui peine à reprendre la main. Depuis que Gérard Collomb est visé par une enquête préliminaire pour de possibles « détournements de fonds publics » liés aux emplois municipaux de son ex-compagne (lire notre enquête), et après les perquisitions de la mairie de Lyon et de son domicile, les galères s’accumulent.

Premier coup dur : le ralliement de Georges Képénékian à David Kimelfeld. L’ancien fidèle d’entre les fidèles de Gérard Collomb, qui était jusqu’à présent resté flou sur son choix entre les deux prétendants à la présidence du Grand Lyon pour après 2020, a finalement tranché. Selon les informations de nos confrères de Tribune de Lyon, l’actuel premier adjoint au maire de Lyon a été aperçu, lundi 3 juin, à une réunion de soutien à David Kimelfeld lors de laquelle il aurait affiché sa préférence pour le président de la Métropole. Mais la défection de « Képé » n’est que l’arbre qui cache la forêt. 

La liste des pro-Collomb se réduit comme peau de chagrin. Jeudi soir, son association “Prendre un temps d’avance” a envoyé à la presse une déclaration de soutien au maire de Lyon signée par une cinquantaine d’élus de la métropole. Mais ce coup de com’ censé remettre en selle le baron, n’a pas eu l’effet escompté. Comme le relève malicieusement Lyon Capitale, le nombre de fidèles est en chute libre : 50% d’entre eux se sont évaporés depuis le lancement de son association il y a un an.  Parmi les figures qui brillent par leur absence, Georges Képénékian donc, mais aussi la deuxième adjointe Karine Dognin-Sauze ou encore l’adjoint à la Culture Loïc Graber. Décidément, quand ça ne veut pas…

Pour couronner le tout, Gérard Collomb a essuyé un flop, jeudi, en présentant son projet de végétalisation des rues de la Presqu’île. Des beaux bacs de fleurs et d’arbustes, histoire de verdir un peu son image aux yeux des Lyonnais. Seul hic, les propositions ont été jugées peu ambitieuses, voire contre-productives : les images transmises à la presse montraient des installations rognant sur les couloirs de bus et les pistes cyclables, sans toucher à la voie des voitures. Résultat : Gerard Collomb a subi les foudres d’EELV qui a déploré « le peu de vision » du maire de Lyon. « Si j’annonçais la piétonnisation, ça serait la révolution. Nous allons par étapes. On fait les choses doucement et de manière apaisée », défend-il. Apaisé ? Pas sûr que ce soit son état d’esprit après tant d’avanies en Collombie ces derniers jours


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18 juin – La bataille du bureau de Poste

Elections 2020C’est à ce genre de détail qu’on comprend qu’une campagne électorale est vraiment lancée… Ce lundi, Gérard Collomb annonce sur sa page Facebook que la décision de fermer le bureau de poste du Grand Trou, dans le 8e arrondissement de Lyon, est « ajournée ». Merci qui ? Merci Monsieur le maire. Le baron souligne que ce sauvetage (temporaire ?) fait suite à « un contact téléphonique » avec le PDG de La Poste Philippe Wahl, vendredi dernier. Ni une, ni deux, le cabinet de David Kimelfeld dégaine un communiqué de presse : « La fermeture du bureau de poste suspendue à la demande de la Métropole de Lyon ». On y apprend que le président du Grand Lyon a lui aussi « récemment interpellé » le PDG du groupe. Décidément, Philippe Wahl doit dorénavant savoir situer le Grand Trou sur la carte… Lyon Capitale, qui relève aussi la passe d’armes entre les deux candidats à la présidence de la Métropole pour après 2020, tient, avec malice, le chronomètre : 12h46 pour le post Facebook collombiste, 13h18 pour l’envoi du communiqué de presse kimiste.

Au-delà de la course à l’échalote, l’anecdote replace ce quartier de la route de Vienne au cœur des préoccupations politiques. Tant mieux. Comme nous vous l’avions raconté en mars dernier, le Grand Trou a accumulé, ces dernières années, les problèmes (sécurité, commerces, habitat…) dans une relative indifférence. Jusqu’à l’incendie criminel d’une boulangerie, en début d’année. Le fait divers, mortel, a mis en lumière le sentiment de délaissement partagé par les habitants du quartier. « Coincé entre la ville-centre et la banlieue, n’appartenant ni à l’une ni à l’autre, on est à l’écart des radars. Un angle mort, géographique et politique », résumait dans nos colonnes Jean-François Grillet, directeur de Rezo 1901, gestionnaire de la Maison des associations. Une phrase à conjuguer au passé désormais ? Au moins pendant la campagne électorale…               


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25 juin – Rebondissements en série

Elections 2020La théorie du complot, Jean-Michel Aulas, un revenant, un chapiteau de cirque et même un peu de sagesse chinoise : les ingrédients du feuilleton « Kim contre Gégé » semblent sortir tout droit des cerveaux des scénaristes de Baron noir. Résumons les derniers épisodes. Ce samedi 22 juin, le président du Grand Lyon David Kimelfeld, décidé à garder son trône après 2020, battait le rappel de ses troupes au cirque Image, à Vaulx-en-Velin, pour son « lancement de campagne » – mais alors son précédent raout, en avril à la Comédie Odéon, n’était qu’un « pré-lancement » ? C’était compter sans ce trouble-fête de Gérard Collomb…

Complot. Le jour même, le maire de Lyon, lui aussi candidat à la présidence de la Métropole, s’est offert une pleine page d’interview dans Le Progrès. Un baron au discours plus vert que jamais – biodiversité, « mode doux », etc. – qui ne craint pas la contradiction en prônant une nouvelle fois le bouclage du périphérique, le fameux « Anneau des sciences ». L’occasion aussi de revenir sur l’enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF) sur l’emploi municipal de son ex-compagne. « A neuf mois des municipales, vous avouerez que cela ne peut être anodin », lâche l’édile, entretenant l’hypothèse d’une cabale orchestrée contre lui sans avancer le début d’une preuve. Paranoïa ou stratégie délibérée de crier au complot ? Le propos reste gênant, qui plus est pour un ancien numéro 2 du gouvernement. Pour mémoire, le PNF enquête sur de possibles détournements de fonds publics sur la base d’un rapport préliminaire de la Chambre régionale des comptes.   

Gone du Chaâba. Pendant ce temps-là, sur la piste de Vaulx, David Kimelfeld affutait ses scuds : « La politique se construit et s’écrit à plusieurs. Ce n’est pas la voix et l’affaire d’un seul homme ». Défilaient aussi ses dernières prises de guerre : l’ancien « intérimaire » Georges Képénékian, que le microcosme donne partant pour un retour à l’hôtel-de-ville, l’adjoint lyonnais à la culture Loïc Graber, le Modem François-Xavier Pénicaud et – surprise ! – l’ex-ministre de Jacques Chirac Azouz Begag. Le gone du Chaâba, thuriféraire de Dominique de Villepin dans l’ancien monde, signe là son retour sur la scène politique lyonnaise.

Retweets. La surprise est aussi arrivée par Twitter. Par deux fois, Jean-Michel Aulas a retweeté (re-publié) des messages du compte de campagne @AvecDavidKimelfeld. Il n’en fallait pas plus pour mettre en émoi le landernau. « Un acte d’une lourde portée symbolique (…), une sacré “prise de guerre” », commente La Tribune Auvergne Rhône Alpes qui déroule toute l’histoire des liens entre Gérard Collomb et le patron de l’Olympique lyonnais. Sauf que… Renseignement pris auprès de Jean-Michel Aulas, Tribune de Lyon calme le jeu : « Je ne donne par principe aucun soutien politique public avant les échéances électorales », confie le boss de l’OL. Son doigt aurait donc ripé sur l’écran de son smartphone ? L’épisode de ces retweets aura une nouvelle fois démontré que, dans la bataille fratricide, les faits et gestes de chacun sont épiés par les deux camps.

Proverbe. Forcément, l’opposition se délecte. En conseil de la Métropole, le maire LR de Caluire-et-Cuire Philippe Cochet brocarde « une collectivité bloquée par les péripéties politiques », ironise sur la multiplication des photos de David Kimelfeld dans le magazine du Grand Lyon jusqu’à la Une (« Une tournure très partisane de la communication institutionnelle »). Avant d’asséner à l’ancien dauphin de la Collombie : « Vous êtes dans l’exécutif depuis dix ans et on ne vous a pas entendu. Vous reniez ce que vous avez adoré ». « Si chaque homme, chaque jour, jetait une fleur sur le chemin de son prochain, les routes de la terre seraient tellement plus agréable », termine-t-il en citant un proverbe chinois. Le feuilleton n’est pas terminé…       


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25 juin – LREM : le cas Girier

Elections 2020

Un dernier épisode pour la route ? Le camp Collomb a eu la désagréable surprise de découvrir parmi la commission nationale d’investiture (CNI) de La République en marche (l’instance qui décidera quels candidats le parti soutiendra pour les élections locales de 2020) la présence d’un certain Jean-Marie Girier. Cet homme de l’ombre, inconnu du grand public, a longtemps été au service du baron, notamment en tant que chef de cabinet au Grand Lyon. Comme Mediacités l’avait documenté en mai 2017, son rôle pendant l’élection présidentielle pose par ailleurs question. Rémunéré par la Métropole, il participait activement à la campagne d’Emmanuel Macron.

Depuis, après avoir suivi Gérard Collomb place Beauvau, Jean-Marie Girier a rejoint le cabinet du président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand. Époque à laquelle il a coupé les ponts avec son ancien patron. Il ne se cache pas de rouler désormais pour David Kimelfeld. D’où les cris d’orfraie des Collombistes. Devant le début de polémique, Jean-Marie Girier a fait savoir qu’il ne participera pas aux discussions de la CNI concernant Lyon et se déportera au moment du vote. Il n’en reste pas moins que « le trentenaire discret, formé au PS avant d’être nommé directeur de campagne d’Emmanuel Macron a toute l’oreille du président de la République », écrit Libération. Et comme l’imbroglio lyonnais sera tranché à l’Elysée…


Bidule_carre_512px2 juillet – La carrière météorite de Caroline Collomb

Elections 2020Exit Caroline Collomb. Ce lundi 1er juillet, le bureau exécutif de La République en marche (LREM) a évincé la femme du maire de Lyon de la tête du mouvement dans le Rhône, comme l’a révélé Le Figaro. Depuis octobre 2017, celle qui est magistrate au tribunal administratif de Paris occupait le poste de « référente » départementale. Une nomination (comme le prévoient les statuts de LREM) qui a fait grincer des dents dès le départ – soupçon de népotisme de la part de son mari, alors ministre de l’Intérieur, oblige. Au fil des mois, les critiques à son encontre allaient crescendo en interne : « autoritarisme », « fonctionnement très vertical », « prise en main du parti antidémocratique » [relire notre enquête « Mal-aimée, décriée, Caroline Collomb s’incruste dans le paysage lyonnais »]… Jusqu’au clash, en février dernier, provoqué par la démission de Jimmy Brumant, ancien responsable départemental des Jeunes avec Macron. Dans un courrier incendiaire, il dénonçait « les dérives autoritaires et l’opacité de l’action de la référente ». Plusieurs parlementaires, comme les députés de la majorité Thomas Rudigoz ou Anne Brugnera, lui avaient emboîté le pas, sommant Caroline Collomb de changer ses méthodes.

Pour calmer les esprits, le temps de la campagne des élections européennes, elle s’était mise « en retrait » de la conduite du parti. Officiellement, son emploi de magistrate exigeait qu’elle respecte un devoir de réserve en période électorale. Ce « retrait » provisoire est donc devenu définitif. Invité du Grand rendez-vous d’Europe 1, Les Echos et CNews, dimanche dernier, Gérard Collomb avait ouvert la porte à cette décision : « Elle est tout à fait disposée à se retirer, le problème existentiel de sa vie, ce n’est pas d’être référente de La République en marche ».

Le limogeage de Caroline Collomb intervient dans le contexte hyper-tendu de la rivalité entre le maire de Lyon et son ancien dauphin David Kimelfeld, en vue des élections locales de 2020. L’un comme l’autre en appellent à l’arbitrage d’Emmanuel Macron. Mais pas sûr que « le sacrifice » de sa femme suffise pour Gérard Collomb à retrouver les bonnes grâces du président de la République.

Collomb Grand RDV
Dimanche dernier, Gérard Collomb avait laissé entendre que sa femme pouvait se retirer. Capture d’écran CNews.

Pour son épouse, l’épisode sonne comme un écho. En 2015, déjà, elle avait mis un terme à ses ambitions politiques : sa candidature sur les listes de Jean-Jack Queyranne pour les élections régionales avait provoqué un psychodrame. Evincée de la course à l’époque, elle avait très tôt – avant même son mari – pris fait et cause pour Emmanuel Macron (à l’automne 2015, en tant que responsable au sein de la fédération du Parti socialiste, elle avait fait venir celui qui était encore ministre de l’Economie pour une rencontre avec des militants). « Elle a bien sûr le droit d’avoir une vie politique, mais son nom gêne son envol », analysait le patron du PS du Rhône Yann Crombecque dans Mediacités, il y a quelques mois. Le nom du remplaçant de Caroline Collomb à la tête de LREM dans le Rhône n’est pas encore connu.


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9 juillet – Bataille autour d’une page Facebook

Elections 2020La tentative de putsch numérique est racontée par Le Progrès. Entre le 27 et le 30 mai, au lendemain de l’élection européenne, des partisans de David Kimelfeld ont pris le contrôle de la page Facebook « En Marche Métropole de Lyon / Rhône », jusqu’ici aux mains de Caroline Collomb, la référente départementale LREM, mise sur la touche la semaine dernière. Profitant d’un moment de flottement au sein du parti macroniste, les « kimistes » ont modifié les codes d’accès au réseau social et ont mis en avant les actions du président de la Métropole et de ses soutiens, comme le député Thomas Rudigoz. Au grand dam de leurs adversaires « collombistes » qui ont crié au « piratage » dans un mail adressé aux militants locaux, tout en indiquant avoir porté plainte pour « accès ou maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données ». L’entourage de Kimelfeld a beau jeu de regretter « une bêtise de militants regrettable et idiote », l’épisode vient s’ajouter à une longue liste de petits coups bas et de grandes trahisons. Et dire que la période pré-électorale commence officiellement en septembre…


Bidule_carre_512px9 juillet – Macron dans le marigot lyonnais

Elections 2020Pendant que leurs sbires se chamaillent la page Facebook d’En Marche, Gérard Collomb et David Kimelfeld ont dû cohabiter pendant 24 heures, de dimanche à lundi. Une séquence ponctuée d’événements avec en hôte de marque Emmanuel Macron. Le baron et l’ex-dauphin se sont d’abord retrouvés dans la tribune présidentielle du grand stade de l’Olympique lyonnais pour la finale de la coupe du monde féminine. Entre les deux, Jean-Michel Aulas, vrai-faux soutien du patron du Grand Lyon [lire plus haut]. Ambiance.

Une fois le trophée remis à la bande à Megan Rapinoe, le président de la République s’est plongé dans le marigot lyonnais. Dîner en tête-à-tête avec son ex-ministre de l’Intérieur à la table de Léon de Lyon. Le premier depuis le départ rocambolesque de Gérard Collomb du gouvernement. Aucune déclaration à la sortie. Suite des tractations au petit-déjeuner le lendemain matin. Cette fois-ci, cela se passe à la Préfecture et c’est avec David Kimelfeld que Jupiter partage ses croissants. Là encore, aucune annonce. Emmanuel Macron « n’a rien laissé transparaître. Il n’a pas apporté de gages, ni d’un côté ni de l’autre », selon « l’entourage du président de la Métropole de Lyon », cité par Le Point. Ces agapes auront en tout cas ridiculisé la Commission nationale d’investiture de La République en marche, censée départager les candidats aux élections locales de 2020…

La suite de la journée s’est avérée plus cocasse. Les trois hommes se sont retrouvés à Villeurbanne, sur le site de Safran, pour célébrer la décision de l’industriel de l’aéronautique d’implanter une deuxième usine dans la Métropole, à Feyzin. Mais la politique politicienne a vite repris ses droits. Une photo de la brochette d’élus locaux et de parlementaires de la majorité présents, tout sourire autour du président de la République, a vite circulé sur les réseaux sociaux. Mais – surprise ! – sur les comptes Twitter et Facebook de Gérard Collomb, le cliché est recadré. Exit « Kim ».