Ce sont les gardiens du système Collomb. Un verrou de la Métropole de Lyon sur lequel la droite se casse les dents depuis 2001. Regroupés au sein du groupe Synergies-Avenir, les "petits maires" des communes de l’ouest lyonnais – des Monts-d’or et du Val-de-Saône – ont su se rendre incontournables. « C’est incontestable, vous ne pouvez pas prendre la tête de la Métropole sans avoir le groupe Synergies avec vous », admet le sénateur LR François-Noël Buffet.

Maire d’Oullins de 1997 à 2017, il en a fait l’amère expérience lors de ses candidatures à la présidence du Grand Lyon en 2001 et en 2014 : « A la première, je me souviens que la droite avait six voix d’avance sur le papier. Finalement, j’ai perdu avec douze voix d’écart ». Pour lui, pas de doute, les élus du groupe Synergies fraîchement créé ont contribué à sa défaite. L’histoire se répète en 2014. En pleine vague bleue aux municipales, plusieurs bastions de gauche (Rillieux-la-Pape, Saint-Priest, Décines…) tombent dans l’escarcelle de la droite et de ses alliés. Alors que son parti bénéficie d’un contexte extrêmement favorable, François-Noël Buffet échoue à nouveau à se hisser à la présidence de la Métropole. « Les deux-tiers des élus Synergies ont voté pour Gérard Collomb », estime-t-il.

« Nos projets risquaient de passer après ceux de Lyon »

A sa création en 2001, le groupe ne comptait pourtant qu’une dizaine d’élus. « On nous regardait du coin de l’œil, en nous disant que les groupes indépendants ne tiennent jamais longtemps », se souvient Michèle Vullien. Maire de Dardilly depuis 1995, cette fidèle de Michel Mercier vient tout juste de quitter la tête de la commune pour occuper le siège de sénateur laissé vacant par l’ancien président du conseil général du Rhône. Egalement réputée proche de Gérard Collomb, Michèle Vullien incarne la charnière entre les deux « papas » de la Métropole. « Avant de fonder Synergies en 2001 avec Michel Reppelin, nous étions dans le groupe de Raymond Barre. Lui aussi n’a jamais été encarté. A l’époque, il nous avait semblé intéressant de former un groupe indépendant pour faire entendre la voix des petites communes. On se rendait compte que nos projets risquaient de passer après ceux de Lyon ».

Seize ans plus tard, le petit groupe a bien grandi. Avec 30 conseillers métropolitains sur 165, représentant vingt-neuf communes sur cinquante-neuf, Synergies-Avenir s’est hissé à la troisième place des groupes politiques de la Métropole, derrière celui des Républicains (39 membres) et celui des Socialistes et républicains métropolitains où se retrouvent ex- et actuels socialistes (31 sièges selon le site du Grand Lyon). Mieux encore, les élus Synergies trustent les postes au sein de l’exécutif. Après le départ de G . . .

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