Il en parle déjà à l'imparfait... « Lil'Aéroparc, dans mon esprit, c'était le quartier d'affaires de l'aéroport ». Philippe Hourdin, le président de la chambre de commerce et d'industrie des Hauts-de-France, père de ce projet de parc d'activités « nouvelle génération », à Lesquin, ne semble plus guère croire en son envol. « Ce ne sera pas le parc que ça devait être », confie-t-il à Mediacités. Le ton est au regret, pas à la révolte : « Que voulez-vous, une partie de l'opération se trouvait sur la zone de captage de l'eau potable de la métropole, interdite de construction par le Préfet en février. Je ne vais pas m'opposer à la protection d'une ressource indispensable ».

Pas question non plus de déplacer le projet n'importe où pour le sauver. Pour compenser le déclassement de terrains économiques imposé par la sanctuarisation des « champs captants », la Métropole européenne de Lille tente de réorienter son développement vers l'est de son territoire. Ainsi, une zone d'aménagement économique de 80 hectares est en cours de constitution à Baisieux. « On m'a proposé d'y installer le parc mais j'étais à zéro pour cent pour cette idée, rapporte Philippe Hourdain. Lil'Aéroparc à dix kilomètres de l'aéroport, ça n'a plus de sens ».

Lilaeroparc_zone

Décision attendue pour septembre

Décidément, il paraît loin le temps (avril 2016) où une vidéo de promotion montrait le président survolant en hélicoptère le site du « Pic au vent » à Lesquin. C'est là, sur une emprise de 35 hectares « idéalement située » (sic), que devaient être réalisés 200 000 mètres carrés de bâtiments destinés à des entreprises engagées dans la troisième révolution industrielle. « Il y a eu un coup d'arrêt. J'avoue que je l'ai mal pris d'abord mais je me suis rendu à l'évidence », déclare l'intéressé. Les travaux étaient censés commencer en 2020.

Aujourd'hui, l'espoir de Philippe Hourdain est de sauver une moitié du parc, celle qui se trouve juste en dehors de la zone d'alimentation de la nappe phréatique. C'est le sujet de discussions intenses avec la secrétaire générale de la Préfecture du Nord, Violaine Demaret ; cette dernière le confirme... sans vouloir en dire plus. Philippe Hourdain assure qu'un climat de confiance et de bonne volonté préside à ces échanges.

Une réunion présentée comme décisive doit avoir lieu en septembre. « Si on nous donne l'autorisation de poursuivre le projet sur une quinzaine d'hectares, nous aurons pris du retard, bien sûr, mais ce sera rattrapable ». Au-delà, les choses deviendraient plus compliquées à gérer. La CCI Hauts-de-France a déjà acheté pour 5,5 millions d’euros de parcelles dans le secteur visé, et elle était « en négociation avancée » pour une autre tranche de 5 millions d’euros quand le « stop » préfectoral a été prononcé…