Des années d’espoir douchées par un communiqué. Le 11 mai dernier, la biotech lilloise Genfit annonçait l’échec de son essai clinique de phase 3 – ultime étape avant la commercialisation d’un médicament contre la Nash, également appelée « maladie du foie gras », sur laquelle elle tablait pour 2020. Les signaux étaient déjà au rouge depuis la publication de résultats de phase 2 très mitigés en mars 2015. Cette fois, le verdict est sans appel : la molécule sur laquelle la société biopharmaceutique a toujours misé, baptisée elafibranor, « n’a pas démontré d’effet statistiquement significatif » sur cette maladie chronique, particulièrement développée aux Etats‐Unis, et dont le traitement représenterait un marché de dizaines de milliards de dollars. La nouvelle a provoqué un plongeon spectaculaire de son cours boursier, son titre perdant plus de 70 % de sa valeur.

Dans une enquête de septembre 2018, Mediacités revenait sur l’histoire de cette pépite lilloise des biotechs au profil trouble. Nous y évoquions une longue liste d’essais décevants, des problèmes en interne, et la gestion parfois décriée de son emblématique PDG, Jean‐François Mouney, ex‐directeur d’Eurasanté, le pôle biotechnologies, santé et nutrition de la Métropole européenne de Lille. Après plus de vingt années passées à la tête de Genfit, celui‐ci décide de prendre du recul avec la gestion courante de la société qu’il a cofondée en septembre 2019. Et ce, à quelques mois …

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