Ce samedi 16 janvier, le thermomètre affiche 3°C dans les environs d’Arras. Il est 8 heures du matin quand Isabelle et Valentin terminent leur installation. Une table, un tréteau, de quoi aménager un étal de fortune sur lequel ils proposent leurs produits directement devant leur ferme : des endives, des haricots, des choux, des poireaux et surtout des pommes de terre. De la patate fraîche, celle qu’on retrouve sur les marchés ou dans la grande distribution. Un légume qu’ils cultivent depuis une petite dizaine d’années en agriculture conventionnelle sur environ 10 hectares. « C’est la première culture dans laquelle on s’est lancé, même si on a hésité. Il y a de la patate partout par ici, donc beaucoup de concurrence. Mais on savait qu’il y avait aussi une forte demande. Donc on a essayé et, franchement, sans regrets. »

« Les distributeurs ne se soucient en aucun cas de la valeur gustative du produit »

La vente directe proposée par Isabelle et Valentin est l’un des circuits de distribution de la patate fraîche. C’est aussi un produit de base de la grande distribution : Auchan, Carrefour, Leclerc... À la tête d’une entreprise de négoce, Nina* joue les intermédiaires entre les producteurs et certaines de ces enseignes. Celles-ci lui passent commande du tonnage et des variétés de pommes de terre souhaitées et Nina missionne des agriculteurs. « Les distributeurs ne se soucient en aucun cas de la valeur gustative du produit, regrette-t-elle. Ils ne goûtent même pas et l’analysent à peine. Tout . . .

Envie de lire la suite ?

Profitez de 24h d'accès gratuit pour lire cet article et tous les autres !

C'est parti !