«Quand j’ai reçu l’appel, je n’y croyais plus. C’est un changement de vie pour nous. » Alicia* se rappellera toujours cet instant où elle et son conjoint ont appris qu’ils allaient bénéficier d’un don d’ovocytes. De la joie ressentie, mais aussi du soulagement, après deux ans et demi d’attente.

Résidant à Templemars, au sud de Lille, la jeune femme de 34 ans est atteinte du syndrome de Turner, une maladie génétique qui peut provoquer des soucis de fertilité. Face à cela, la solution existe. Mais elle nécessite un moral à toute épreuve : « Deux ans et demi, c’est long, déplore-t-elle. Pendant cette période, on n’a aucune nouvelle, on attend impatiemment l’appel qui nous annonce que le transfert d’ovocytes va avoir lieu. Mais on n’a aucune visibilité ».

Le don d’ovocytes est une pratique qui s’inscrit dans le parcours d’assistance médicale à la procréation (AMP). Quand les ovocytes d’une femme ne lui permettent pas de procréer, il est possible d’implanter dans son utérus des ovocytes « sains » prélevés chez une autre femme, bien sûr donneuse volontaire. L’opération est aujourd’hui parfaitement maîtrisée même si elle ne garantit pas un taux de réussite de 100 %. Mais le véritable problème est ailleurs.
150 couples en attente pour 50 donneuses
« Il y a plus de demandes de couples que de donneuses », observe la professeure Sophie Catteau-Jonard, gynécologue et endocrinologue, spécialiste de la reproduction au CHU de Lille. Chaque année, le centre accueille environ 50 donneuses issues du Nord-Pas-de-Calais quand on dénombre 150 couples en attente de don dans les deux départements (100 primo demandeurs et 50 en instance d’une deuxième tentative). Résultat, aujourd’hui, dans . . .

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