«Il y a une tentative qui a été faite à Valenciennes, dans un hôpital, ils ont réussi à descendre à 6 % de postes administratifs. Ça fonctionne extrêmement bien ! ». C’est une Marine Le Pen pleine d’assurance qui répond ce lundi 18 avril aux auditeurs de France Bleu. Elle répète, au mot près, un refrain entonné quelques jours plus tôt sur la chaîne France Info : « Il y a une tentative qui a été faite à l’hôpital de Valenciennes qui a réussi à baisser les postes administratifs jusqu’à 6 %. Eh bien ça c’est avéré redoutablement efficace ! Quand quelque chose fonctionne, il faut le généraliser. »

La candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle n’est pas la seule à le penser. « L’hôpital de Valenciennes expérimente depuis plus de dix ans une gestion décentralisée et compte seulement 5 % de personnel non médical », admirait Éric Zemmour, interrogé par L’Express en novembre dernier. Même son de cloche du côté des Républicains : dans un argumentaire partagé aux militants à l’automne 2021, les instances du parti s’insurgeaient contre un hôpital public « devenu un monstre bureaucratique : le personnel administratif y représente 34 % des effectifs (autant que de médecins) […] Contre-exemple : à l’hôpital de Valenciennes, cette part n’est que de 5 %. »

Comment cet hôpital du Nord, troisième de la région Hauts-de-France, avec 1 850 lits, serait-il parvenu à réduire ainsi le nombre de fonctionnaires administratifs en son sein ? Mediacités a fait les comptes. Le résultat est sans appel : ces chiffres érigés en totem sont entièrement faux.
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