A Villeneuve d’Ascq, la grande inconnue de l’après Gérard Caudron

Dans la ville nouvelle, sept listes se disputent l’héritage du maire emblématique, dont 4 tirées par des adjoints ou anciens adjoints. Les jeux sont extrêmement ouverts.

A Villeneuve d'Ascq, commune dirigée pendant 43 ans par Gérard Caudron, sept listes se disputent la mairie dont quatre tirées par des adjoints ou anciens adjoints. Photos : Jacques Trentesaux. Montage : Matthieu Slisse / Mediacités

Il aurait tant rêvé passer le relai en beauté. Après être resté quarante‐trois ans à la tête de Villeneuve d’Ascq (de 1976 à 2026 hormis la période 2001–2008 pour cause de cumul), Gérard Caudron a raté sa sortie. Le 3 mars dernier, son dernier conseil municipal a été le théâtre de coups de sang indignes d’un fonctionnement démocratique normal. Emporté par la colère, il a traité son adjoint PS Victor Burette – pourtant membre de la majorité – de « déserteur sinon de traître » et menacé de procès en diffamation son adjoint (divers droite) Vincent Baledent car celui‐ci aurait « remis en cause [s]on honnêteté ».

Le tort de ces deux adjoints ? S’être abstenu ou ne pas avoir voulu prendre part au vote du budget primitif de la ville. Mais aussi – et surtout – avoir osé briguer les suffrages des Villeneuvois à la tête d’une liste municipale autonome. « Chercher à humilier, intimider ou faire taire un candidat, c’est sortir du cadre démocratique et républicain », a indiqué Victor Burette dans un communiqué cinglant. Vincent Baledent, lui, a préféré laisser passer l’orage. L’adjoint à l’urbanisme connaît « son » Gérard par cœur. C’est même lui qui met en ligne ses billets de blog et qui, seul, dispose des codes d’accès…

Véritable dinosaure politique, Gérard Caudron, 81 ans depuis le 27 février, aura tout essayé pour préserver son « arc républicain », cet attelage allant du PS à la droite en passant par le Rassemblement citoyen, son micro‐parti local. En octobre dernier, à l’occasion d’une ultime volte‐face, il déclare sa « candidature à la candidature » sur BFM Grand Lille en lieu et place de son dauphin, l’adjoint aux Finances Sylvain Estager, « qui a des difficultés à sentir les gens et qui se fâche un peu avec tout le monde ». Lui seul pourrait, croyait‐il encore à l’époque, maintenir sa majorité hétéroclite. Signe de son hésitation, il avait assuré, un mois plus tôt auprès de Mediacités, qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat. 
Des jeux grands ouverts
Il se résoudra finalement à céder sa place à Sylvain Estager… non sans avoir négocié quelques garanties en cas de victoire : un poste d’adjoint au patrimoine et un siège à la MEL pour lui ; et une place de 1ère adjointe pour sa femme, Valérie Quesne‐Caudron. Depuis il enrage, règle ses comptes sur son blog, effectue des apparitions intempestives en meetings et se désespère de la baisse de niveau des hommes et femmes politiques lui qui a côtoyé François Mitterrand de près…

Jamais les jeux n’auront été aussi ouverts dans cette ville de 65 000 habitants, née en 1970 de la fusion de trois communes (Flers, Annappes et Ascq). Et bien malin qui pourrait prédire les résultats du dimanche 15 mars. Seule certitude ? « Aucune liste ne gagnera seule au 1er tour », estime indique Fabien Delecroix, en 4e position sur celle du Printemps villeneuvois (écologiste et citoyen). Pour mémoire, Gérard Caudron l’avait emporté avec 51,09 % des voix au second …

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Publié le

Temps de lecture : 12 minutes

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Par Jacques Trentesaux

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