Plongée au coeur de Nouvelle droite, réincarnation du groupuscule identitaire lillois La Citadelle

Lors de la dernière campagne municipale, une dizaine de militants identitaires lillois encagoulés ont perturbé le meeting de Patrick Proisy, alors maire LFI de Faches-Thumesnil. Quatre d’entre eux seront jugés à l’été pour « violences aggravées sur des élus ». C’est l’action récente la plus visible d’un groupe informel, baptisé « Nouvelle droite », dont Mediacités est parvenu à infiltrer des réunions pendant plusieurs mois.

Créé dans la foulée de la dissolution de l’association identitaire lilloise La Citadelle, le groupuscule Nouvelle droite s’est fait connaître depuis 2024 par une série d’actions spectaculaires culminant avec la perturbation du meeting de l’ex-maire LFI de Faches-Thumesnil, Patrick Proisy, lors de la campagne des élections municipales de mars 2026. Montage Captures d'écrans réseaux sociaux / Mediacités

Le 6 mars, quatre voitures stationnent devant la salle Baron de Faches‐Thumesnil. À bord, une quinzaine d’individus. Dix d’entre eux forcent l’entrée et parviennent à pénétrer dans la salle où se tient un meeting électoral du maire sortant LFI, Patrick Proisy.

Alors que le député insoumis Aurélien Le Coq prononce un discours « contre l’extrême droite », les perturbateurs jettent de la farine au visage du maire et dispersent de la peinture rouge dans la salle. Ils prennent ensuite la pose avec des pancartes sur lesquelles sont inscrits les mots « Justice pour Quentin », ou « La France insoumise hors de nos mairies ».

 

 

 
 

 
 

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Malgré le port d’une cagoule par certains, ce groupuscule ne se cache pas vraiment. La signature « Nouvelle droite » apparaît en dessous de leurs slogans. Sur les réseaux sociaux, une vidéo de revendication est immédiatement publiée, où les participants apparaissent cette fois à visage découvert.

Mais qui sont vraiment ces nouveaux militants de l’extrême droite nationaliste identitaire lilloise dont l’influence ne cesse de croître dans la métropole ? Pendant plusieurs mois, Mediacités a infiltré certaines de leurs réunions et a tenté de comprendre l’organisation de ce groupe qui s’est fait connaître depuis 2024 par une série d’actions spectaculaires. Banderoles « Stop immigration » devant des centres de rétention administratifs, opérations symboliques en hommage à Jean‐Marie Le Pen et dégradation de la permanence du député insoumis Aurélien Le Coq : à chaque fois, une même logique s’impose, celle de cibler un lieu symbolique, diffuser un message identitaire et soigner la mise en scène.
Une galaxie de bars où des soirées se déroulent à l’abri des regards
Les membres de Nouvelle droite évoluent dans un périmètre relativement restreint à proximité de l’Université catholique de Lille. Leur routine ? Des entraînements hebdomadaires de boxe thaï ou anglaise, en salle ou en plein air, qu’ils partagent sur leurs réseaux sociaux. Mais surtout des soirées militantes mensuelles qui servent aussi à recruter de nouveaux adhérents.

Leurs réunions se tiennent essentiellement dans des bars de la rue Colbert et ses alentours qui sont autant de QG : la Garderie, le Point de Repère et le B‑routh, qu’ils privatisent souvent pour ces occasions. Nouvelle droite se joint parfois à d’autres groupuscules d’extrême droite (l …

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Publié le

Temps de lecture : 12 minutes

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Par Léon Pujol

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